Un nouveau concept économique, le laxisme…

Décidément, dans la bataille que se livrent tous les libéraux européens pour détruire les droits sociaux et faciliter l’enrichissement des possédants, Sarkozy et Merkel rivalisent d’ingéniosité pour décider à la place des peuples souverains.

Voilà qu’ils viennent d’inventer la possibilité d’un retrait du droit de vote des pays dits « laxistes » en matière budgétaire au Conseil européen. En clair cela confirme que les choix économiques des pays de la zone Euro ne seraient plus effectués par le vote des peuples, mais par une entité supranationale qui déciderait ce qui est acceptable économiquement ou non.

Après la volonté de la commission européenne de valider les comptes budgétaires des pays de la zone euro avant leur passage devant les parlements nationaux, voilà désormais que l’on envisage de sanctionner ceux qui ne respecteraient pas le pacte de stabilité fixé par dans la zone euro. Quelle belle leçon de démocratie ! 

Comme toujours, les conseilleurs ne sont pas les payeurs, car voir Sarkozy jouer les « monsieur propre », alors que le taux d’endettement de la France est passé de moins de 3% à 8% sous sa présidence, quand  le pacte de stabilité de l’Euro fixe une limite à 3%, est particulièrement cocasse (1). Et que l’on n’aille pas m’expliquer que seule la crise est passée par là, lorsque les recettes budgétaires de l’Etat ont été volontairement amputées par tant de cadeaux fiscaux aux plus aisés pendant que les dépenses étaient comprimées par la réduction du nombre de fonctionnaires, la stagnation de leurs revenus et par un abandon généralisé et progressif du financement de l’éducation et de la santé, domaines que l’on souhaite désormais rentables plutôt qu’efficaces, égalitaires et universels.

Qui sont Sarkozy ou Merkel pour juger, tel le droit divin, ce qui est bon ou non pour un peuple souverain sans même soumettre leur avis au vote populaire ?

Qui juge que telle ou telle politique économique est « laxiste », si ce n’est ceux qui croient ou font semblant de croire qu’un euro fort garantirait un avenir radieux à l’ensemble des européen !? Il est démontré tous les jours depuis le passage à l’euro que ceux qui pâtissent le plus de cette politique libérale, visant avant tout à satisfaire les spéculateurs et les marché financiers, sont avant tout la grande majorité des citoyens qui voit son niveau de vie régresser et ses droits réduire.

Comment peut-on s’ériger en gendarme de la politique choisie par les peuples en les stigmatisant de laxisme, avant pourquoi pas de les insulter de fainéant, comme on l’a fait à demi-mot envers les grecs ?

Ce que certains brillants économistes libéraux et leurs disciples au pouvoir interprètent comme du laxisme n’est pourtant souvent qu’un moyen de mieux redistribuer la richesse d’un pays et d’envisager son avenir autrement qu’à travers la contraction des dépenses.

Dépenser aujourd’hui, ça n’est surement pas comme on veut nous le faire croire un moyen de faire peser sur les générations futurs des plaisirs égoïstes actuels, c’est au contraire croire en l’avenir pour tous en envisageant les investissements d’aujourd’hui comme une source de prospérité future. Dépenser aujourd’hui dans l’intérêt du plus grand nombre, c’est assurer l’avenir des générations futures, tout l’inverse de ces prédicateurs de mort qui ne croient que dans l’argent liquide qu’ils ont aujourd’hui dans leur poche et à la sacro-sainte rentabilité immédiate.

Sarkozy fait parti de ces prédicateurs conscients des mots employés visant à préparer un peu plus l’opinion dans le sens choisi idéologiquement, continuons à faire l’éloge du laxisme pour tout ce qu’il comprend de lutte contre l’ordre établi et ses objectifs constricteurs.

(1) en plus direct, un gros foutage de gueule…une fois de plus.

Publié dans : politique |le 15 juin, 2010 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 15 juin 2010 à 17:56 brigetoun écrit:

    En outre, moi petite, moi béotienne etc.. mais semble-t-il un certain nombre de beaux et bons esprits avec moi (ce qui me tranquillise peut être un peu à tort) nous nous demandons en combien de temps l’application de la règle voulue par la chancelière (qui a déjà sévi pour empirer la situation grecque et étendre la contagion par ses hésitations affichées) tuera l’économie européenne, entraînera l’ensemble des pays, y compris le sien, sur le chemin de la déflation.

  2. le 16 juin 2010 à 8:35 enzo d'aviolo écrit:

    ça personne ne peut le prévoir, et ce qui les sauvera peut-être, ce qui est un comble, c’est la dépréciation de l’Euro.

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