Archive pour juin, 2010

Qui est encore dupe ?

On le sait, s’il n’y a qu’un seul domaine ou Sarkozy excelle, c’est bien celui de la communication. Lorsque qu’il y a un incendie principal à éteindre, il est le spécialiste pour détourner l’attention vers des reprises de feu secondaires pour éviter tout ce qui peut être néfaste à ses choix politiques.

Cette stratégie s’exprime une fois de plus dans l’annonce factice des mesures prises pour réduire le train de vie au plus haut niveau de l’Etat, à un moment où sa politique destructrice des acquis sociaux n’a jamais été aussi violente.

Le problème de Sarkozy est désormais la crédibilité de sa parole, car la recette, usée et abusée, finit par ne plus être crue par quiconque, d’abord parce que ses annonces manient volontairement et systématiquement l’imprécision dans les mesures annoncées, et ensuite parce qu’entre ce qu’il annonce et ce qu’il réalise, le grand écart est de mise.

Qui se souvient de la promesse martelée lors de l’élection présidentielle qui conjurait la nécessité de limiter à 15 le nombre de ministère et secrétariat d’état nécessaires pour garantir une bonne utilisation et gestion des deniers publics ? ils sont aujourd’hui 40.

On nous promet la fin des « chasses présidentielles » (*), qui avaient pourtant soi-disant partiellement disparues sous Chirac, ce dernier ayant déjà promis leur suppression. Qui contrôlera cette annonce qui ne mange pas de pain ?

Il parait qu’il y aura des sanctions pour les ministres qui abuseraient des deniers publics. Et si on n’entravait plus la justice pour lui laisser jouer son rôle?

Dans la série des bonnes mesures jetées au peuple, on supprimerait la garden-party du 14 juillet, la belle affaire ? et si on supprimait l’arsenal militaro-policier qui coûte des millions à chaque déplacement pour protéger le président d’une confrontation potentiellement houleuse en province où il n’est attendu que par le fan-club de l’UMP?

Enfin on nous annonce la suppression de 10 000 véhicules et 7 000 logements, mais pour qui ? pour ces administrations que l’on dépouille de ses fonctionnaires et leurs fonctions ou pour ses ministres aux goûts luxueux particulièrement développés ? 

Qui est encore dupe ? dans politique

A ce stade de son mandat, il apparait désormais flagrant que la présidence de Sarkozy vit dans la même bulle que les footballeurs millionnaires qu’il préfère recevoir en lieu et place de la coordination de 130 ONG actives dans la solidarité internationale. Cette déconnexion de la réalité commence à produire des effets particulièrement négatifs même dans une communication pourtant bien rôdée au point d’apporter son lot de contradictions dans les annonces, de mensonges visibles et surtout, si c’était encore nécessaire, de décrédibilisations dans les mesures politiques  purement idéologiques habituelles qu’elle promeut.

La grande duperie a du plomb dans l’aile…

(*) vous ne rêvez pas, nous ne sommes plus en monarchie mais elles semblent toujours exister plus de deux siècles après la révolution…

Publié dans:politique |on 29 juin, 2010 |5 Commentaires »

Libéralisme, football et autres décadences…

L’épisode de l’équipe de France de football qui a occupé le petit monde médiatique tout le Week-End est un bien bel exemple de tous les travers actuels de la société Française, symptomatique d’une certaine vision de la société, de certaines valeurs.

La première d’entre elle est la primauté de l’image sur les actes. Tout ce qui compte en football comme en politique, est désormais de ne pas perdre la face aux yeux de l’opinion public, donner une image de ce que l’on n’est pas réellement pour permettre de faire passer en douceur ce que la majorité ne souhaite pas. Le mensonge, fut-il celui par omission, devient un support habituel de communication pour masquer tout ce qui fâche et qui pourrait engendrer un refus massif de l’opinion.

Jouer à comme si tout allait bien, telle la Fédération Française de Football, c’est à l’image d’un Woerth qui nous explique sereinement et posément en quoi la suppression de la retraite à 60 ans était une réelle avancée pour l’avenir des retraites par répartition. Voilà une nouvelle assénée comme une mesurette habituelle, avec la même sérénité communicative de ceux qui n’ont rien à se reprocher et travaillent dans l’intérêt commun, alors qu’ils sont juste en train de supprimer l’une des plus fortes conquêtes sociales depuis un siècle.

Libéralisme, football et autres décadences… dans politique budget-2010-subventions-montauban

Comment s’étonner alors que le président de la Fédération Française de Football puisse cacher pendant des mois les dissensions internes au club France jusqu’à ce qu’il explose de l’intérieur ?

La seconde valeur, que l’on retrouve de plus en plus dans une société compétitive ou chacun se méfie de l’autre ou essaie de l’écraser à son profit, est une conséquence du mensonge des communicants, c’est la dénonciation valorisée par des collaborateurs avides de coup médiatique et d’argent facile. La presse caniveau, digne des tabloïds réputés outre-manche, s’est donc érigée chez nous comme un mode d’information habituel. En matière politique on connaissait l’accusation sans preuve, le relai de fausses informations, on sait désormais qu’en matière sportive, tout est également possible pour salir une image qui ne sied plus à l’intelligentsia médiatique en place.

Enfin, comment ne pas faire le parallèle entre la bulle des sportifs de haut niveau et le microcosme politique au pouvoir, tous deux isolés des réalités concrètes du commun des mortels, les uns s’indignant de voir un millionnaire mal élevé viré au point d’engager une grève de privilégiés, et les autres s’offusquant du manque de respect du maillot tricolore au point de commenter des propos rapportés ou de voir l’Etat convoquer officiellement les protagonistes à l’image des républiques bananières pourtant habituellement moquées pour ce genre de pratique, tout ceci pendant que l’austérité économique est mise en place pour la très grande majorité de la population sans que ça n’émeuve les mêmes représentants de l’Etat.

Perdre tout sens des priorités lorsque les valeurs que l’on défend consistent à opposer, à valoriser l’absence de respect de la vie privée, de l’altérité, des différences, pour valoriser la performance quelle que soit les moyens pour y arriver, voilà une caractéristique des défenseurs de l’intérêt individuel.

Toute la politique actuelle au pouvoir trouve à se refléter dans l’attitude du moindre sportif de haut niveau, du moindre journaliste qui se croit tout permis, chacun étant intouchable tant que la somme des intérêts individuels et la décadence qui en découle ne font pas imploser le pouvoir en place.

Ça vient de se produire pour l’équipe de France de Football, on ne peut qu’espérer la même chose en matière politique pour pouvoir reconstruire sur des ruines. ça commence le 26 dans la rue…

Publié dans:politique |on 21 juin, 2010 |4 Commentaires »

Un nouveau concept économique, le laxisme…

Décidément, dans la bataille que se livrent tous les libéraux européens pour détruire les droits sociaux et faciliter l’enrichissement des possédants, Sarkozy et Merkel rivalisent d’ingéniosité pour décider à la place des peuples souverains.

Voilà qu’ils viennent d’inventer la possibilité d’un retrait du droit de vote des pays dits « laxistes » en matière budgétaire au Conseil européen. En clair cela confirme que les choix économiques des pays de la zone Euro ne seraient plus effectués par le vote des peuples, mais par une entité supranationale qui déciderait ce qui est acceptable économiquement ou non.

Après la volonté de la commission européenne de valider les comptes budgétaires des pays de la zone euro avant leur passage devant les parlements nationaux, voilà désormais que l’on envisage de sanctionner ceux qui ne respecteraient pas le pacte de stabilité fixé par dans la zone euro. Quelle belle leçon de démocratie ! 

Comme toujours, les conseilleurs ne sont pas les payeurs, car voir Sarkozy jouer les « monsieur propre », alors que le taux d’endettement de la France est passé de moins de 3% à 8% sous sa présidence, quand  le pacte de stabilité de l’Euro fixe une limite à 3%, est particulièrement cocasse (1). Et que l’on n’aille pas m’expliquer que seule la crise est passée par là, lorsque les recettes budgétaires de l’Etat ont été volontairement amputées par tant de cadeaux fiscaux aux plus aisés pendant que les dépenses étaient comprimées par la réduction du nombre de fonctionnaires, la stagnation de leurs revenus et par un abandon généralisé et progressif du financement de l’éducation et de la santé, domaines que l’on souhaite désormais rentables plutôt qu’efficaces, égalitaires et universels.

Qui sont Sarkozy ou Merkel pour juger, tel le droit divin, ce qui est bon ou non pour un peuple souverain sans même soumettre leur avis au vote populaire ?

Qui juge que telle ou telle politique économique est « laxiste », si ce n’est ceux qui croient ou font semblant de croire qu’un euro fort garantirait un avenir radieux à l’ensemble des européen !? Il est démontré tous les jours depuis le passage à l’euro que ceux qui pâtissent le plus de cette politique libérale, visant avant tout à satisfaire les spéculateurs et les marché financiers, sont avant tout la grande majorité des citoyens qui voit son niveau de vie régresser et ses droits réduire.

Comment peut-on s’ériger en gendarme de la politique choisie par les peuples en les stigmatisant de laxisme, avant pourquoi pas de les insulter de fainéant, comme on l’a fait à demi-mot envers les grecs ?

Ce que certains brillants économistes libéraux et leurs disciples au pouvoir interprètent comme du laxisme n’est pourtant souvent qu’un moyen de mieux redistribuer la richesse d’un pays et d’envisager son avenir autrement qu’à travers la contraction des dépenses.

Dépenser aujourd’hui, ça n’est surement pas comme on veut nous le faire croire un moyen de faire peser sur les générations futurs des plaisirs égoïstes actuels, c’est au contraire croire en l’avenir pour tous en envisageant les investissements d’aujourd’hui comme une source de prospérité future. Dépenser aujourd’hui dans l’intérêt du plus grand nombre, c’est assurer l’avenir des générations futures, tout l’inverse de ces prédicateurs de mort qui ne croient que dans l’argent liquide qu’ils ont aujourd’hui dans leur poche et à la sacro-sainte rentabilité immédiate.

Sarkozy fait parti de ces prédicateurs conscients des mots employés visant à préparer un peu plus l’opinion dans le sens choisi idéologiquement, continuons à faire l’éloge du laxisme pour tout ce qu’il comprend de lutte contre l’ordre établi et ses objectifs constricteurs.

(1) en plus direct, un gros foutage de gueule…une fois de plus.

Publié dans:politique |on 15 juin, 2010 |2 Commentaires »

Boutin et consorts au révélateur…

La classe politique est dans le collimateur d’un certain journalisme moins complaisant que les autres, plutôt satirique, et friand de révélations qui tendraient à prouver que certains adages ne s’appliquent que très rarement à ceux qui promulguent les lois pour tous.

Ainsi, les rappels « Dura lex, sed lex » que dans l’absolu personne ne conteste sauf quand la loi ne s’applique pas complètement de façon égalitaire pour tous, ou encore « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent» dont le peuple mesure chaque jour un peu plus la véracité, ont des traductions concrètes qui se vérifient tristement chaque jour et en particulier chez les plus moralisateurs du personnel politique qui nous gouverne.

Si la diatribe de Rama Yade envers les conditions d’hébergement des joueurs de football à quelques jours d’un début de compétition a quelque chose de pathétique et particulièrement provocateur pour une secrétaire d’Etat sous Sarkozy quand on se rappelle que ce dernier le soir même de son élection présidentielle fut capable de diner au Fouquet’s avant de partir en vacances sur le yacht de son ami milliardaire Bolloré, comme pour bien rappeler qui son élection favoriserait prioritairement, la révélation du Canard Enchaîné sur Madame Boutin, chargée depuis le mois d’avril 2010 d’une mission à 9500 euros par mois pour étudier les conséquences sociales de la mondialisation, démontre plutôt une erreur d’utilité publique dans la mission confiée.

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Car si Madame Boutin a le droit d’être servie en priorité grâce à ses amitiés politiques (*), comme ont pu l’être avant elle quelques jaunes du P(s) tel Jack Lang, de même que quelques victimes de remaniements ministériels auxquelles il s’agissait de trouver un emploi suffisamment rémunérateur, si les émoluments de cette brave dame, droite dans ses bottes, peuvent tutoyer les sommets de la grille de la fonction publique d’Etat au même titre que les hauts fonctionnaires dans la mesure où ses compétences seraient avérées (**), moi ce qui me choque le plus (***) c’est vraiment le contenu de sa mission grassement payée.

N’y aurait-il pas une erreur dans le contenu de la mission permettant d’envisager un véritable résultat autre que les lieux communs qui risquent de ressortir de ce type de mission fourre-tout ?

En effet, si l’objectif avait été l’étude des conséquences sociales de la politique de Sarkozy, je reste persuadé qu’une année complète d’une chargée de mission aussi compétente que Madame Boutin n’aurait pas suffit à expliciter et lister en quoi la destruction des acquis sociaux directement liée aux choix politiques de Sarkozy est avérée.

Malheureusement, nous devons nous contenter une fois de plus d’assister à l’émergence d’un nouvel et énième emploi fictif de complaisance dont la définition de la mission a toutes les chances d’aboutir à un rapport qui terminera sa vie dans un placard avant même sa première lecture par son donneur d’ordre.

La droite décomplexée que l’on voit à l’œuvre depuis plus de 3 ans ne cesse de nous démontrer chaque jour en quoi la lutte des classes prend des formes diverses et flagrantes, en quoi toutes les petites indignations de façade ne sont que des leurres pour gogos électeurs et en quoi Sarkozy est bien là pour dicter les règles pour le plus grands nombres afin que la classe dominante profite des efforts que l’on demande aux autres. Pour que cela fonctionne, il faut des Boutin et autres Lang.

Si l’époque étaient guerrière, mais elle l’est tout de même dans un certain sens, on pourrait considérer ces personnes comme des collabo, mais dans notre société bien-pensantes, on parlera au mieux d’un petit dérapage,au pire on justifiera tout l’intérêt d’une Madame Boutin missionnée pour une étude de la plus haute importance…

(*) que ce soit une façon d’acheter son silence futur, on s’en fout vraiment complètement.

(**) ça, ça reste vraiment à démontrer.

(***) je sais, plus rien ne devrait plus me choquer en Sarkozy, mais j’y arrive encore, si si.

Publié dans:politique |on 9 juin, 2010 |1 Commentaire »

Ces libéraux schizophrènes….

Qu’il est amusant, ou attristant c’est selon, dans cette période de dictat monétaire des banques, des agences de notation, de la commission européenne et de la Banque Centrale Européenne, de voir s’exprimer les contorsions sémantiques ou les vœux inavoués des grands défenseurs de l’Euro fort au pouvoir. 

D’un côté, toute leur politique consiste à faire avaler les couleuvres de l’austérité au peuple souverain et de l’autre, ils rêvent en cachette que la dépréciation de l’euro sur les marchés financiers viendra compenser les effets néfastes de leur propre politique sur l’activité du pays.

Cette schizophrénie politique digne des économistes en manque d’imagination qui pullulent dans les rédactions journalistiques et qui amène à des prises de pied dans le tapis sémantique au plus au niveau de l’Etat, est une démonstration forte que nos décideurs ne croient absolument pas à que ce qu’ils essaient de faire avaler à leur concitoyens et que leur projet puisse avoir un quelconque effet bénéfique pour l’avenir de l’économie nationale. En clair ils nous mentent.

Ces libéraux schizophrènes…. dans politique 2009_02_23_Barnier

Chacun sait qu’aucune politique de contraction des dépenses publiques n’a jamais permis de réduire le chômage, d’améliorer le pouvoir d’achat, ni de tirer une quelconque croissance économique. Au contraire les effets néfastes d’une telle politique creusent toujours à terme les inégalités dans l’unique objectif de satisfaire des détenteurs de capitaux qui eux-mêmes à partir d’un certain moment s’inquiètent de la contraction du pouvoir d’achat qui est sensée tirer la croissance. Terrible maladie.

Ce double langage, preuve d’un tiraillement schizophrène entre conscience économique d’aller droit dans le mûr et choix idéologique de classe qu’il s’agit de maintenir électoralement coûte que coûte, constitue un tour de force de l’ombre que les citoyens voient de plus en plus apparaître en pleine lumière tant les contradictions apparaissent au grand jour dans les discours quotidiens. Tous les grands libéraux d’hier finissent par être obligés de reconnaître que l’Euro qui baisse est un bol d’air économique pour tout le monde alors que tout leur discours depuis Maastricht visait à expliquer à coup de propagande grossière que l’Euro fort était la garantie d’une sécurité européenne en matière économique au nom de l’inflation jugulée, mais  au détriment des protections sociales, des solidarités nationales et de tout ce qui contribuait à l’amélioration du bien être du plus grand nombre.

Les maladies qui se cachent en famille apparaissent parfois après un long lapse de temps au grand jour, j’ai bien l’impression que c’est ce à quoi le peuple français assiste désormais dans le capharnaüm des libéraux avisés d’hier, désormais bien peu crédibles.

Publié dans:politique |on 4 juin, 2010 |Pas de commentaires »

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