L’information selon l’étrange Monsieur Bertrand
On sait que Sarkozy n’est pas en reste pour museler l’information afin de la détourner à son profit, les récents épisodes du mode de nomination du président de France Télévision ou la manipulation médiatique de sa présence lors de la chute du mur en sont des exemples aussi criants que stupides.
Mais le grand chef fait des émules auprès de la jeune vague Umpiste en matière de contrôle de l’information et la méthode Xavier Bertrand, le président de l’UMP, n’a rien à envier au chef suprême quand il s’agit de jouer les barons locaux comme savent si bien le faire des figures emblématiques comme Frêche, ou les arts consommés de la manipulation et de l’intimidation jouent à plein.
C’est ce que vient d’apprendre à ses dépends un journaliste du quotidien régional, Le courrier Picard, qui a eu le tord, certes de ne pas être aguerri à l’interview télévisée d’un politicien surentrainé, mais surtout d’appartenir à un journal local (ex coopérative ouvrière dont raffole notre bon libéral Bertrand) à la ligne éditoriale différente, moins conciliante et parfois même contestataire, à l’opposée de l’autre journal local, l’Aisne Nouvelle, dont le directeur de la rédaction n’est autre qu’un ami proche de Xavier Bertrand et qui ne se cache pas des « petits services » qu’il lui rend, ce que d’ailleurs le Courrier Picard avait dénoncé en son temps, ce qui lui avait attiré les foudres du ministre Bertrand.

La vengeance étant un plat qui se mange froid, ce pauvre journaliste a ainsi pu mesurer face à Monsieur Bertrand ce que contrôle de l’information signifiait dans la belle ville de Saint-Quentin et comment était traité tout ce qui pouvait contester la suprématie du baron local. A saint-Quentin la liberté de la presse s’arrête là où Monsieur Bertrand le décide.
Une fois de plus, cet épisode de politique locale en dit long sur la conception de la démocratie par ceux qui prônent la liberté d’expression quand elle ne dérange pas leur propre plan de carrière.
Ce Bertrand aux dents longue, quarantenaire à l’avenir radieux dans la droite dure, sous ses airs apaisés lorsque la soupe lui est servie, montre ainsi une image bien différente, celle d’un esprit animé de vengeance face à l’opposant et qui cherche à museler par la menace ou le dénigrement tout les journalistes qui essaient de faire leur travail honnêtement à défaut de le faire brillamment.
Je ne sais pas vous, mais je le trouve inquiétant ce Monsieur Bertrand…
Vous pouvez laisser une réponse.
le journaliste était visiblement ému, mais digne….donc finalement , n’est ce pas lui le vainqueur au bout du compte…..
si c’était plus vu et su, oui peut-être! mais qu’un ministre puisse avoir une telle attitude, en dit long à mon sens sur sa conception de l’information journalistique.
c’est clair, mais que les journaux locaux aient une telle pression devrait faire réagir leur collegues de la presse nationale…ou est la presse libre nationale pour aider les collegues en région?
presse libre, c’est un terme qui ne trouve plus d’application réelle, sauf chez quelques chiffons groupusculaires.
Laurent,
Ce WE j’étais sur Amiens, ce fait, fait beaucoup de bruit…
Bertrand se montre sous son vrai visage.
Et pourtant le Courrier Picard n’est plus une coopérative ouvrière…
))
Laurent
salut Laurent,
Oui j’imagine que cela a du bouger dans le local, mais qui en a entendu parler au national!?
plus facile de relayer les fausses accusations au faciès d’un candidat d’origine maghrébine….c’est plus dans l’air du temps
c’est plus une coop? tout se perd
je n’ai pas encore vu l’interview dont il est question, mais pour avoir vécu 5 ans sur Amiens, c’est bien la première fois que je vois citer le courrier picard pour autre chose que de la complaisance (et je rete modéré) par rapport aux notables locaux
ce journal (ex scop désormais détenue à +50%, ou au moins majoritairement, par le Crédit Agricole) est archétypique de la soumission de la presse locale aux élus locaux, notamment lorsqu’ils font carrière au national
pour une vue d’ensemble du palmarès du Courrier Picard en terme de brosses à reluire je vous conseille de taper Fakir dans votre moteur de recherche favori ou d’aller voir ce dossier ancien sur Acrimed
http://www.acrimed.org/article797.html
cordialement,
Patrice
merci pour ce lien Patrice.
Ce journaliste n’était donc qu’un journaliste complaisant jeté dans la fosse au lion?
je ne connais pas ce journaliste, ni le contexte de St Quentin…
peut être a-t-il simplement été trop complaisant avec un adversaire local de Xavier Bertrand ?
ce qui est sûr, c’est que le Courrier Picard gagne dans cette affaire un brevet d’indépendance qu’il ne mérite certainement pas
cordialement,
Patrice
bien compris Patrice.