Archive pour décembre, 2009

Schizophrénie de gauche

Je ne sais pas vous, mais je trouve qu’il est bien difficile de ne pas faire preuve de schizophrénie quand on est de gauche dans cette société Sarkozyste qui a exacerbé les différences de classes avec comme objectif de rendre la société plus sécuritaire face à la délinquance que son système libéral crée inexorablement, comme il crée une dépendance généralisée à la consommation, ou encore une course à la performance au travail que le pervers instinct individualiste qui couve chez chacun d’entre nous met en application au détriment d’autrui.

Pour quelqu’un qui défend des valeurs de gauche, ce type de société qui s’avance inexorablement génère des contradictions difficilement solutionnables au quotidien, quand tout est fait dans le système pour conduire chacun vers un choix unique ou vers des constats chargés de vous faire admettre que le moule sécuritaire est la solution.

Difficile, par exemple, de ne pas tendre au racisme et aux amalgames faciles que le pouvoir politique cherche à obtenir, lorsque vos enfants se font raquetter ou agresser à la sortie de l’école par d’autres à la sombre couleur de peau. Sans une certaine éducation, un peu de recul sur l’histoire (vous savez celle que l’on cherche à supprimer en terminale S) et une réflexion personnelle sur la responsabilité profonde des politiques publiques depuis 30 ans, qui peut reprocher à un parent à l’esprit embué dans les difficultés quotidiennes de ne tendre à l’objectivité face à la souffrance de sa progéniture consécutive à l’agression de coupables désignés en raison de leurs croyances et couleurs de peau ? Etre de gauche et garder la tête froide sur les responsabilités réelles ne sont pas chose facile et le basculement vers là où l’on souhaite vous amener est proche.

De la même façon, en tant que citoyen de gauche, qu’il est difficile de se résoudre à faire ses courses chez ces exploiteurs des temps modernes que sont les grandes surfaces. Bien évidemment qu’il serait souhaitable de contribuer aux biens être d’exploitants agricoles à travers des Amap participant à ce vivre ensemble que mon humanisme appelle de ses vœux, mais soit par difficulté de proximité, par rareté, par facilité d’approvisionnement et parfois pour nombre de citoyens par manque de moyens financiers, je n’ai pas franchi le pas de la désintoxication à l’hypermarché, ma schizophrénie en prenant une nouvelle fois pour son grade.

Schizophrénie de gauche dans politique affiche_26_06_08

Autre exemple, celui du lieu d’habitation. J’ai choisi de donner à mes enfants, parce que j’en avais les moyens, un lieu d’habitation individuel dans un quartier aisé en leur souhaitant une émancipation et un bien être que j’ai eu la chance de connaître dans ma jeunesse. Mais le monde a changé, la ghettoïsation s’est développée là où le melting pot existait en banlieue autrefois, la dualité de la société s’est creusée en raison des inégalités sociales, engendrant forcément une insécurité croissante sur les lieux de rencontre comme l’école ou les loisirs, et donc une confrontation avec les difficultés sociales plus rares pour mes enfants, mais aussi plus soudaine et violente lorsqu’elle se produit.

Comment leur expliquer alors, après une agression verbale ou physique, les principes qui régissent ma vision de la société, les écueils amalgamant qu’il s’agit d’éviter, alors que j’ai contribué à les surprotéger et que je leur enseigne la tolérance et le respect de l’altérité et des différences ? Dois-je pour autant les priver de ce que j’ai eu la chance d’avoir avec mes parents ? Voilà encore un exemple des difficultés d’être de gauche et en phase avec ses principes et désirs quand la société vous renvoie quotidiennement l’opposé de ce que à quoi vous aspirez.

Etre de gauche est ainsi souvent un combat contre soi, une lucidité à conserver pour désigner les véritables coupables des travers sociétaux constatés journellement, afin que notre culpabilisation de ne pas agir suffisamment perturbe nos idéaux au point de ne plus être capable d’accepter ces contradictions que le système capitaliste nous impose, au risque de basculer dans le syndrome de Stockholm.

Evidemment il ne s’agit pas de tomber dans une schizophrénie réellement pathologique, sauf à franchir le pas et vivre en marge de la société, dans une résistance souvent extrême et violente pour exister, et à laquelle je n’aspire pas, mais apprenons à vivre insatisfait, mais vivons tout de même.

Publié dans:politique |on 29 décembre, 2009 |8 Commentaires »

Toujours douter des informations officielles…

Cette société mondiale de la communication me débecte de plus en plus et ceux qui la serve pusillanimement me rappelle les kapos chargés d’exécuter les basses besognes des pires propagandes étatiques.

La communication remplace tout : le débat contradictoire, la mémoire, l’Histoire, l’idéologie, tous sont travestis, modulés, déformés, adaptés, pour servir l’idéologie dominante qui tient les rênes des sources de communication.

En cela, il faut conjurer chacun autour de soi d’ouvrir les yeux et ne plus prendre aucune information pour argent comptant et de laisser son libre esprit critique s’exprimer pour prendre la véritable mesure des choix politiques que l’on nous impose, alors que d’autres sont possibles.

Les exemples sont innombrables, parfois sur des sujets terriblement essentiel comme l’éducation et la volonté de supprimer l’apprentissage obligatoire de l’histoire en fin de cycle scientifique, parfois plus coquasse comme l’épisode de la grippe A, ou parfois consternant comme la mascarade de Copenhague et sa pièce de théâtre Grand-guignolesque supposée sauver le monde, mais tous concourent d’une volonté hégémonique de l’idéologie dominante qui a compris comme jamais, dans cette période où les moyens de communication ont rapproché les extrémités du globe en un coup de clic, à quel point la domination médiatique est garante d’une confiscation des pouvoirs et donc d’une domination des capitalistes sur tous ceux qui les servent dans leur travail quotidien.

Cette société, qui empêche volontairement la réflexion par son zapping permanent des sujets de fond, qui annihile toute critique radicale en raison d’une caste médiatique qui préfère le people aux idéologies et la caricature (*) au débat de fond, cherche finalement dans tous les cas à annihiler toute capacité de réflexion individuelle et collective qui viserait à améliorer les conditions de vie du plus grand nombre.

Détruire ce qui unit, dénoncer pour mieux diviser, caricaturer pour déstabiliser toute critique fondée, voilà ce à quoi nous avons droit chez les serviteurs de l’Etat capitaliste, à longueur de pages papier ou html, à longueur d’images télévisuelles, à longueur d’écoutes radiophoniques.

Tous s’auto-félicitant, s’auto-promotionnant, le pluralisme de l’information n’est plus qu’illusion, à des détails près, mais jamais le fond n’est remis en cause, celui qui changerait radicalement la donne est mis sous l’éteignoir et/ou n’a pas droit de citation médiatique.

Certes, il reste la toile, plus difficilement contrôlable (et encore), mais que représente-t-elle en terme de capacité à générer de la contestation qui débouche sur une information indépendante et différente et sur une réflexion politique de fond ?

L’espoir reviendra chez tous ceux qui ne se soumettent pas, lorsqu’ils auront trouvé un moyens efficace et large en terme de diffusion pour apporter une contradiction réelle à la manipulation actuelle. Cela ne passe peut-être pas uniquement par le contrôle des moyens médiatiques, mais plus par la formation des consciences de ceux qui ont la lourde responsabilité d’apporter une information déconnectée des désirs du pouvoir.

En attendant, douter c’est mieux comprendre.

(*) il suffit de voir comment le simple terme de communisme subit une fronde insensée, infondée, immodérée et caricaturale via les amalgames utilisés quand il s’agit de débattre d’un autre projet de société que la société dominante. A ce titre, la grande parade médiatique sur la commémoration de la chute du mur de Berlin fut un must !

Publié dans:politique |on 14 décembre, 2009 |2 Commentaires »

Le H1N1 expliqué aux nuls !

Je ne résiste pas, pour une fois, au plaisir de reproduire le dernier billet de Christian Lehmann, médecin-écrivain-bloggeur, qui par une parodie humoristique bien trempée, mais malheureusement si peu éloignée de la réalité, montre à quel point derrière cette épidémie de grippe A, les valeurs partisanes du gouvernement de droite qui dirige le pays s’expriment à plein:

Enrichissement sans cause des multinationales du médicament, endormissement des masses pour mieux tuer le système qui nous protège, calculs politiciens pour éviter les éventuels reproches ultérieurs, asservissement et manipulation des moyens médiatiques, le tout en s’appuyant sur les relais syndicaux professionnels ou généralistes pour trouver un coupable éventuel tout désigné, je vous assure que tout y est ! Bonne lecture…

 - Allo, Roselyne ?

- Ouiiiiiiiiiiiiiiii……

- C’est Xavier, Roselyne. Je sors de chez le Président et il n’est pas content du tout…

- Ah booooooooooooooon ?

- Oui, mais ça ne devrait pas t’étonner, aussi, vu la manière dont tu gères ton plan de vaccination, là…

- Tu crooooooiiiiiis ?

- Evidemment. Voilà plus de six mois que cette épidémie se profile et que le Président fait semblant de ne même pas savoir ce qu’est le H1N1, histoire de ne pas se faire éclabousser par ton fiasco prévisible… Et là, on est arrivés à un tel niveau de connerie et d’incompétence que même avec le soutien sans faille de nos principaux médias (au fait, Josiane, vous me ferez penser à renvoyer un bouquet à Hélène Cardin, de France-Inter…)

- Hélèèèèèèène… Oh choueeeeettte, c’est une copiiiiine…

- Oui, Roselyne, on sait que tu as plein de chouettes copains dans l’industrie, et que les copains et les copines de tes chouettes experts sont tes meilleurs relais d’opinion, mais même avec leur aide, au niveau de foutoir où tu es en train de nous mettre, là, le Président a dû pour la première fois parler de la grippe H1N1, et tu sais qu’il a horreur de ça. « Je ne veux pas qu’ensuite on puisse retracer la moindre décision politique ou industrielle jusqu’à moi », il nous l’avait bien répété en Conseil des ministres il y a quinze jours…

- J’écoutais pas, j’essayais mon nouveau portable. J’ai demandé à Didier de m’appeler dès qu’il y avait un nouveau mort de la grippe. Et si c’est un enfant, de m’envoyer un texto en urgence. Je voudrais pas louper ça !

- C’est un souci d’information qui t’honore, Roselyne. Tu es bien l’une des nôtres…. Pour revenir à ton plan, quand même, ça commence à se voir un peu, qu’au rythme actuel il faudrait six mois pour vacciner toute la population…

- Ben oui, mais moi j’y peux rien, c’est la chaîne du froiiiiid, Xâââvier, la chaîne du froiiidd…

- Oui, je sais, on a les mêmes conseillers en com, Roselyne, quoiqu’au moins les miens savaient lire… mais ce que je veux te dire, c’est que le coup des généralistes, là, j’le sens pas trop.

- Oh tu rigôôôles mon Xâââvier, tu te gausses de ta Roselyyyyyne, hein ? Parce que quand même, la semaine dernière, qu’est-ce que je leur ai mis à ces gueux !!! « Roselyne Bachelot rembarre les médecins ». Même que c’était dans le JDD et que j’ai gardé la copie, tu veux que je ta twiiiiite ou que je te la faceboooooke, mon Xâââvier ?

- Euh, non, merci. Merci. J’ai ma dose. Mais c’est le JDD, Roselyne, c’est comme le Figaro, j’ai les articles avant publication. Je les ai même avant que la rédaction les reçoive…

- Oh c’que t’es fort, Xâââvier !

- Oui, c’est ça. Ecoute Roselyne, les généralistes reviennent à la charge, et ça va devenir compliqué à gérer. Il faut anticiper un peu, il faut être pro-actifs !

- Oh oui Xâââvierr, d’ailleurs je dis toujours : « le bifidus, y’a que ça de vrai » !

- Non, connas… Roselyne ! PRO-ACTIF !!! Ca veut dire qu’il faut avoir un coup d’avance sur les évènements. Comment tu crois que j’ai baisé Chirac et Villepin en me ralliant au tar… au Président dans la dernière ligne droite ? En étant PRO-ACTIF !

- T’as fait la campagne sous bifidus, mon Xâââvier ?

- ( Josiane, allez me chercher le carton de Lexomil, s’il vous plaît, et une bouteille d’Evian…) Bon écoute, Roselyne, on va essayer de faire simple. Tu ne peux pas continuer à réquisitionner les généralistes en pleine épidémie au moment où ils soignent les malades dans leurs cabinets…

- Quelle horreuuuuur ! Ils soignent des malades au cabinet, les généralistes !!! Heureusement que je ne m’entoure que d’experts du Ministère, tu rends compte ! Dans les cabinets !!! Mais je vais leur envoyer l’IGAS et la DGSE, moi, à ces malpropres ! Encore une bonne raison de vacciner dans les gymnases, j’y avais pas pensé…

- Ecoute, Roselyne, ma patience a des limites. J’ai bossé avec Douste pendant près d’un an, donc on pourrait croire que je résiste à tout, niveau crétinerie patentée, mais tu t’approches dangereusement de la ligne jaune, là. Et d’ailleurs, à propos de jaune, revenons-en au fait…

- Ouiii, mon Xâââvier…

- Les généralistes, tu ne peux plus les réquisitionner, et ils vont tous répéter qu’ils sont à même de vacciner les patients à risque. Certes, ça ne résoudrait pas ton problème de stock à écouler, mais pour l’opinion, la vaccination ciblée chez le généraliste, ça se tient. Alors il faut absolument les renvoyer dans les cordes une nouvelle fois…

- Compte sur ta Roselyyyyne, mon Xâââvier…

- Non, non, t’es totalement décrédibilisée, bougresse. Si demain tu expliques que la pandémie est terminée les gens vont se ruer dans les centres, alors tu vas surtout fermer ta gueule, ce coup-ci, OK ? Tu vas me laisser faire…

- Mais t’es plus ministre de la Santé, mon Xâââvier, ou alors personne ne me dit plus rien…

- Non, mais je l’ai été, et j’ai encore de belles connections. Alors écoute, Roselyne. Il y a un truc qui marche à tous les coups, c’est le fric, le pognon. Si on veut avant tout surtout éviter qu’on pose la question du coût global de ton bordel en gymnase, on doit absolument couper l’élan des généralistes et laminer la confiance que les patients leurs gardent, donc il nous faut largement répandre l’idée que s’ils veulent vacciner, c’est pour toucher du blé…

- Oh c’est laiiid ! Ils ont qu’à prendre des actions chez Sanofiiiiiii, comme tout le monde, enfin quooooooiiii ?

- Ben oui. Pour qui se prennent ces cons ? « Travailler plus pour gagner plus », ils vont pas essayer de nous faire gober ça non ? Sauf que tu n’as plus la crédibilité de le dire…

- On pourrait demander à Christiiiiiine, c’est une bonne copine. Ou à Eriiiiiic…

- Oui, t’as raison, ça l’ferait bien. Demander à une avocate d’affaires conseillère d’une multinationale financière néerlandaise de dénoncer l’appétit de lucre de généralistes à 22 euros, c’est bien une idée à toi, ça… Ou à l’autre pingouin dont la femme gère l’une des plus grosses fortunes de France, ça me semble absolument top. Si on ne t’avait pas Roselyne, il faudrait t’inventer… Non, je vais te dire ce qu’on va faire. On va demander à un type qui peut encore pour quelque temps faire semblant de représenter le peuple, de parler à notre place. Un type absolument sûr, qui soutient de toutes ses petites forces les réformes du patron ( cf http://www.solidaires-paca.org/spip.php?article285 )… En plus, il déteste les généralistes, donc c’est parfait. Ce qu’il y a de bien avec lui, c’est qu’il fait où on lui dit de faire, et qu’il peut dire tout haut dans les médias ce que Christine, Eric et le patron pensent tout bas…

- Ah ben c’est formidâââble, Xâââvier, et tu la sors d’où, cette perle-là ?

- T’inquiète, cocotte, et lis bien l’AFP…

GRIPPE A: FRANCOIS CHEREQUE JUGE LES GENERALISTES HYPOCRITES 

PARIS – François Chérèque qualifie d’hypocrite la colère des médecins généralistes, écartés de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1), et estime que le mode de rémunération des praticiens devrait être réformé pour faciliter des missions de service public.

«C’est une question de coût, il y a toujours une question de pognon derrière ça», explique t-il.

Invité dimanche du Grand rendez-vous Europe1/Le Parisien-Aujourd’hui en France,  le leader syndical a estimé que les patients paieront plus cher : «Si vous allez chez votre médecin pour vous faire vacciner, vous allez payer une visite. On nous dit c’est 8 euros, mais on se moque de nous, parce que vous allez y aller, vous allez faire voir un autre problème de santé, et ce sera 22 + 8, ce sera 30 euros

Christian LEHMANN

Publié dans:politique |on 2 décembre, 2009 |Pas de commentaires »

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