Archive pour janvier, 2009

Certes encore une grève mais…

Voilà que se profile une nouvelle journée de grève jeudi 29 janvier prochain, une nouvelle journée d’action vouée à l’échec diront certains et pourtant.

Je suis loin d’être partisan de ces journées à répétition qui usent les salariés plus qu’elles ne défendent leur cause, qui permettent d’afficher les disparités socioprofessionnelles, syndicales et revendicatives, au lieu de montrer une force unitaire durable.

J’ai maintes fois défendu ici l’inutilité de la grève si elle n’était pas unitaire, massive et à horizon durable.

Il me semble aujourd’hui que le deux premiers points sont des objectifs assurés et en outre que la durabilité a une perspective aujourd’hui crédible pour plusieurs raisons.

Le contexte dans lequel la grève de jeudi va s’exprimer est d’abord essentiel. Les effets dans l’économie réelle de la crise du « casino » initiés par les spéculateurs actifs du capitalisme présente désormais clairement ses dividendes envers les plus démunis, salariés du privé bien entendu en premier lieu pour lesquels les licenciements en tout genre se multiplient, la crise servant le plus souvent de prétexte à une frilosité généralisée, mais également salariés du publics auxquels on annonce des missions toujours plus importantes à effectifs décroissants en raison du non remplacement des retraités mais aussi au non renouvellement des contrats à durée déterminée (30% de la fonction publique). C’est pourtant la fonction publique qui peut soutenir ce qui reste debout en période de difficulté économique, or que fait l’Etat, il se désengage et affaibli l’économie réelle un peu plus.

Ensuite, le resserrement syndical généralisé qui appelle de façon unitaire à la grève me semble une bonne nouvelle pour forcer le pouvoir en place à limiter son action destructrice des acquis sociaux, du lien social, du pouvoir d’achat des salariés. La division démoralise et affaiblie, profitons donc enfin d’un accord généralisé dans toutes les branches professionnelles et toutes les obédiences syndicales pour affirmer massivement notre attachement à un Etat fort et notre volonté de dépenser collectivement pour soutenir une consommation intelligente dans l’intérêt de tous.

Certes encore une grève mais… dans politique vive-la-greve-novembre-2007

Enfin la période, car à moins de 6 mois des élections européennes, la droite et la gauche libérales commencent à trembler face au rejet de l’Europe telle qu’on veut nous l’imposer à travers les dénis de démocraties successifs qui se sont produits, et c’est l’occasion pour chaque défenseur d’une autre vision de l’Europe de rassembler le Non à l’Europe des banquiers et des chantres de la concurrence libre et non faussée dont on est en train de mesurer la grandeur et l’efficacité dans la destruction de nos acquis sociaux, et qui est à la base de la crise que nous vivons.

Le pouvoir actuel va se sentir plus fragile que d’habitude face cette échéance électorale, il n’y a qu’à constater les grandes manœuvre actuelles à la tête de l’UMP dont l’objectif n’est qu’un nouvel effet de communication (on change les têtes pour ne rien changer sur le fond), et il faut donc profiter d’un large mouvement de contestation pour rappeler l’importance de la prochaine échéance électorale de juin qui permettrait de peser, au moins nationalement, sur les décisions européennes qui définissent à 80% l’avenir de la société que nous souhaitons.

Cette grève du 29 janvier prochain est à ce stade essentielle. Chacun n’a pas les moyens en cette période difficile de faire grève une journée, mais il est essentiel qu’il soit compté dans la foule de ceux qui ne se résignent pas à l’ordre libéral établi qui ne sert qu’un petit nombre de possédants.

Une simple heure d’arrêt de travail pour défiler sera un poids supplémentaire dans la force contestataire et peut réellement changer notre avenir. Que chacun y réfléchisse.

Publié dans:politique |on 26 janvier, 2009 |9 Commentaires »

Démocratie mon amour….

Remise en cause de la liberté d’information journalistique liée à la suppression du droit de garde des sources d’investigation, contrôle des médias et en particulier du service public télévisuel, limitation du droit de grève via le service minimum, volonté de main mise sur la justice via la suppression de l’indépendance du juge d’instruction dans les affaires politico-financière, allégement de la récidive des personnes morales pendant que la répression s’accroît pour le commun des mortels, voilà un florilège non exhaustif du chemin poursuivi par notre belle démocratie sous l’ère Sarkozy.

Mais forcément, ça ne suffit pas ! la défense de la victime, de l’usager, la défense de ce qui se voit au détriment de ce qui cache des causes profondes aux actions menées, Sarkozy s’en est fait le chantre, toute caméra dehors, pour bien marteler le message qu’il s’agit de faire passer, ces salauds de fonctionnaires et de syndicalistes qui prennent en otages les usagers des transports !

Ainsi donc, après avoir agit pour réduire la capacité du salarié à défendre ses acquis et ses droits face à l’idéologie du fouet productiviste à tout prix, en instaurant le principe du service minimum, ce dernier incite désormais fortement à supprimer ce qu’il qualifie toujours en ces cas là de « pratique archaïque », le droit de retrait des salariés, disposition pourtant inscrite dans le Code du travail dans des cas de dangerosité avérée pour le travailleur, ceci au nom des usagers qui attendent avec tant de désagrément, quand bien même ce droit soit une sonnette d’alarme face à la sécurité en péril des mêmes usagers et de ceux qui les transportent.

La méthode est toujours la même, une réaction impulsive sur des évènements qui servent l’idéologie de fond et qui desservent pernicieusement ceux qui croient dans l’immédiat être écoutés par ce président si compréhensif envers la difficultés de chacun. Si chaque usager pouvait intégrer qu’il est le salarié en difficulté de demain….

Mais ce qui m’interpelle en outre dans toute cette dégradation continue des conditions démocratique de notre société dont l’objectif double est l’étranglement des défenses salariales et l’accroissement du pouvoir de l’exécutif, c’est que sur le fond de sa politique et en particulier sur l’une de ses mesures électorales phares que fût la promesse de diminution de la délinquance, c’est un échec cuisant qui est mis en lumière par l’exercice de ces droits de retraits par ces salariés agressés sur leurs lieux de travail, signes ostentatoires d’une société agressive parce qu’elle laisse sur le carreau nombre de ses citoyens, parce qu’elle met en concurrence plus qu’elle n’intègre, parce qu’elle chasse plus qu’elle n’assimile dans l’intérêt de tous.

Le plus dramatique, c’est que Sarkozy surfe sur cette échec évident plus qu’il n’en pâtit en concentrant son action sur un populisme médiatiquement relayé qui consiste à défendre ce qui se voit comme le nez au milieu de la figure tout en cachant au maximum le cancer qui ronge la société.

Peu de réactions à cela, peu de condamnations vigoureuses à cette remise en cause, je trouve cela vraiment très inquiétant….

Publié dans:politique |on 15 janvier, 2009 |Pas de commentaires »

C’est encore pire que prévu !

J’abordais récemment la libéralisation des seuils obligatoires de passation des appels d’offres fortement augmentés au nom (fallacieux) de la relance économique prônée par Sarko et sous laquelle se cachait finalement un risque majeur encouragé d’utilisation frauduleuse de la dépense publique.

Après m’être quelque peu penché sur les décrets 2008-1355 et 2008-1356 du 19 décembre 2008, je me suis aperçu que le mal était encore plus profond en raison de deux autres mesures symptomatiques qui touchent exclusivement la dépense de L’Etat.

En effet, c’est purement et simplement la Commission d’Appel d’Offre qui vient d’être supprimée pour les procédures de l’Etat et de ses établissements publics. Certes elle n’avait jusqu’à présent qu’un rôle consultatif, mais il s’agissait pourtant du lieu de rencontre obligatoire du pouvoir adjudicateur avec des représentants de diverses corporations qui obligeait celui-ci à exposer en toute transparence ses analyses et ses choix.

Avec Sarko, tout ceci pourra se faire sous le manteau et sous la seule responsabilité d’un décideur. Prions pour que la nature humaine s’améliore….

Mais comme si cela ne suffisait pas, cette décision s’accompagne d’une seconde suppression, celle de l’obligation à partir d’une certain seuil de dépense en fonction de la nature de celle-ci, de saisir les Commissions des Marchés Publics de l’Etat (CMPE) qui instruisaient auparavant les procédures présentées. Ceci sera désormais facultatif (autant dire inutile) et permettra un peu plus d’opacité sur des dépenses qui atteignent pourtant des montants très conséquents.

A moins que Sarkozy ne veuille engorger les tribunaux administratifs de part l’augmentation des recours que risquent d’engendrer la suppression de nombreux contrôles internes impliquant une diminution de la qualité des procédures menées, ce qui ne serait pas étonnant pour quelqu’un qui souhaite démontrer l’inefficacité de la justice comme il le martèle depuis son arrivée au pouvoir, ces mesures sont particulièrement dangereuse et inquiétante pour l’avenir de la dépense publique, donc pour l’égalité des entreprises, donc pour le contribuable…..

Les premiers décrets sur les marchés publics visant à moraliser la dépenses publique en réponse notamment aux travers amenés par la décentralisation, génératrice de baron locaux orphelins de contrôle des pouvoirs, sont entrés en application dès 1992. Avec Sarko, c’est un retour en arriere de 17 ans qui vient de se produire. Alors quand vous l’entendez vouloir moraliser quel que domaine que ce soit, ne soyez plus dupes…

Publié dans:politique |on 9 janvier, 2009 |2 Commentaires »

Hommage à Ron

Ronald Franklin Asheton est décédé à 60 ans à son domicile. Guitar héro du mythique groupe Les Stooges dont le chanteur est Iggy Pop, il laisse orphelin une génération de rock. 

j’ai eu le plaisir de voir un de son dernier concert en France en octobre dernier. Une clacque comme d’habitude. 

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TV EYE

Publié dans:humain |on 8 janvier, 2009 |Pas de commentaires »

Quand le libéralisme déréglemente….

Plus de 15 ans après avoir essayé de mettre de l’ordre dans l’utilisation des deniers publics pour moraliser leur utilisation, et 8 ans après le Code des Marchés Publics 2001 qui poussait à son paroxysme le contrôle de la dépense publique, la recherche du retour à la case départ est féroce en cette fin d’année 2008 sous l’ère Sarkozy.

Un petit décret forcément passé inaperçu au nom de la mise en œuvre du plan de relance économique, sauf chez les praticiens, se contente ainsi de laisser aux collectivités la possibilité de ne plus rendre compte ni à leur commission d’appel d’offre ni à leur instance institutionnel (assemblée départementale, conseil Municipal etc…) de toutes les dépenses de travaux jusqu’à la somme modique de 5 150 000 € HT au lieu de 206 000 € précédemment.

Chez les libéraux, le prétexte de la relance permet toujours d’amener de la souplesse là où la garantie d’égalité de traitement des candidats souhaitant avoir accès à la commande publique nécessiterait au contraire la mise en place de procédures garantissant une transparence et un formalisme cohérent avec le pouvoir représenté par les choix de dépenses importantes.  

Quand le libéralisme déréglemente…. dans politique r9knxrkj

Ce sera donc désormais tout le contraire puisque là où auparavant la procédure d’appel d’offre était obligatoire pour toute dépense de travaux d’un montant supérieur à 206 000 € HT, elle ne le sera plus qu’à partir d’un montant 25 fois supérieur.

Finie donc l’obligation de choisir ses fournisseurs devant les élus de la Commission d’Appel d’Offre, finie également celle consistant à présenter ce choix de fournisseur devant la représentation des assemblées des collectivités, les présidents et autres Maires ayant habituellement et normalement reçus délégation pour signer des marchés publics passées selon la procédure souple qu’est la procédure adaptée, il ne leur sera plus nécessaire de passer devant la représentation locale.

Finalement, pour une fois que l’on trouve une cohérence dans la politique Sarkozyste, elle trouve son application dans la possibilité du retour à l’ère du copinage et du coquinage qui va permettre à quelques barons locaux de renforcer leurs influences via la source autrefois tarie des marchés publics, et à quelques fonctionnaires de pouvoir peu regardant sur la déontologie de l’utilisation de l’argent public d’assurer leur pouvoir pour renforcer le poids politique de tel ou tel élu pour lequel il milite dans leur intérêt.

L’histoire est un éternel recommencement dit-on, mais il est tout de même effarant de constater que les mesures efficaces prises pour lutter contre toutes les formes de corruption depuis plus de 15 ans peuvent voler en éclat par le simple oukase libéral d’un petit tsar en mal d’activisme et de pouvoir.

Utiliser notre argent sans contrainte et comme bon lui semble, c’est finalement cela aussi la méthode Sarkozy en matière de Marchés Publics.

Bienvenu à nouveau dans l’ère de la corruption légalisée.

Publié dans:politique |on 5 janvier, 2009 |2 Commentaires »

NON A GILBERT ANNETTE |
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