Le mérite de la clarté matinée d’écœurement

A force d’avoir le cul entre deux chaises, certains socialistes étaient inaudibles pour les gens d’obédience de gauche comme ceux de droite.

Le débat sur l’acceptation ou non du libéralisme se teintait ainsi toujours de pondération rappelant la nécessité de le réguler, de ne pas accepter les lois du marché comme naturellement satisfaisantes, bref de continuer à faire semblant d’être de gauche c’est à dire vouloir impérativement intervenir sur celui-ci pour garantir le bien être commun via une redistribution et une intervention d’état assumée face à l’initiative personnelle et individuelle.

Grâce à Delanoe, tout s’éclaircit et l’on comprends mieux d’un coup pourquoi le socialisme façon P(s) est totalement soluble dans la droite, morceaux choisis :

« M. Sarkozy se veut souverain omnipotent. Le libéralisme c’est le contraire, c’est la tolérance devant les démarches individuelles. Je suis libéral, la droite ne l’est pas. La gauche doit se réapproprier avec fierté le mot et la chose »

ou encore

« Si les socialistes du XXIe siècle acceptent enfin pleinement la libéralisme, s’ils ne tiennent plus les termes de ‘concurrence’ et de ‘compétition’ pour des gros mots, c’est tout l’humanisme libéral qui entrera de plein droit dans leur corpus idéologique ».

Avec de tels propos, Delanoé va réussir l’impossible, faire passer Royal pour une femme de gauche, enfin de gauche au P(s).

Serait-ce cela finalement la décomplexion façon P(s) ? Delanoe ne traduit-il pas le sentiment de nombreux militants en leur donnant l’absolution du chef, celle qui consiste a désormais pouvoir avancer démasqué quand aux aspirations libérales d’un homme de gauche ?

Il est hallucinant de lire de la part d’un responsable du P(s) que le libéralisme serait la tolérance devant les démarches individuelles ! même au regard des millions de précaire que ce système génère Monsieur DELANOE ?

Dans quel monde vivent donc les responsables socialistes du P(s) pour se gargariser « avec fierté » d’un libéralisme de gauche qui redistribuerait donc à dessein les richesses de façon égalitaire et permettrait l’émancipation de chacun par la liberté laissée à chaque acteur économique grâce au libre marché et à la concurrence non faussée !? on croit rêver.

Delanoe traduit bien entendu un secret de polichinelle connu depuis bien longtemps et qu’il arbore désormais fièrement par pure stratégie politicienne, mais alors à quoi sert le P(s) si c’est pour proposer les mêmes remèdes d’impuissance politique que celle à laquelle est confrontée la droite, tantôt interventionnisme en parole et si inefficace dans les faits et que la référence libérale tant prônée amène pourtant à devoir constater la précarisation continue de la société française, et même bien au delà.

Delanoe n’est donc qu’un pantin de plus, confondant la liberté républicaine et le libéralisme destructeur de bien être, mélangeant volontairement des concepts philosophiques avec des considérations bassement économiques telles la concurrence avec les notions de liberté et de tolérance.

Delanoe est franc, mais manifestement indigne des idéaux de gauche.

Publié dans : politique |le 21 mai, 2008 |25 Commentaires »

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25 Commentaires Commenter.

  1. le 21 mai 2008 à 17:02 Florence SORIANO-GAFIUK écrit:

    La dissolution du 57ème RA de Bitche retentit comme un chant d’adieu à un monde, à une époque, à une population qui méritaient d’autres égards. Le « chant des adieux », c’est aussi une petite pièce composée par mes soins pour évoquer le désarroi et les drames qui en découlent, mais surtout la détermination et la force d’hommes et de femmes décidés à se défendre.

    Merci de diffuser ce message le plus largement possible.
    __

    François : Monsieur le Président, cette petite visite me rappelle votre passage éclair sur le site de Gandrange. « Visite présidentielle, visite providentielle… » et finalement, bien des déconvenues à la clef !…
    Sarko : Mais c’est tout de même extraordinaire, cette façon de tout déformer ! A Gandrange, j’ai fait des déclarations précises, des promesses claires ! Je me suis engagé solennellement à prendre en charge les investissements nécessaires au redressement de cette entreprise et…
    François (lui coupant la parole) : Vous l’avez dit et vous n’en pensiez pas un mot ! Vous-même savez bien que Bruxelles interdit formellement ce genre d’initiatives. Vous avez froidement mené ces gens en bateau (et pas celui de Vincent Bolloré !), et vous êtes venu en faire autant ici !
    Sarko : Oh, mais pas du tout ! On ne pourra pas me reprocher de ne pas tenir des promesses faites devant vous, parce que…, comment vous dire cela…
    François : Parce que vous ne prendrez même pas la peine de nous en faire, n’est-ce pas ? L’affaire est pliée, et on n’en parle plus !
    Sarko (mielleux) : Il faut savoir s’adapter aux réalités économiques… Il faut que chaque français fasse des efforts pour que notre pays reste compétitif…

    François : De notre point de vue, ce sont toujours les mêmes français qu’on presse de faire des efforts ! Nous sommes égaux devant l’effort, Monsieur le Président, mais comme disait Coluche, il y a des gens qui sont « moins égaux que les autres » !! …

    Sarko : Allons, Monsieur François, le pays de Biche n’est pas si mal loti !

    François : De Bitche, Monsieur le Président ! Le Pays de BITCHE !!!

    Sarko : Ne jouez pas sur les mots ! Vous ne pouvez pas demander à l’Etat de maintenir des garnisons pour vous protéger contre des dangers qui n’existent plus !

    François : Monsieur le Président, c’est nous au contraire qui avons protégé l’Etat au cours des dernières décennies. Nos pères ont été en première ligne des combats, nos maisons ont été bombardées, et lorsqu’il a fallu céder des villes à l’occupant, c’est encore la nôtre que le sort a désignée !! Et aujourd’hui, la paix revenue, c’est un autre bombardement qui s’abat sur nos têtes, celui de réformes iniques qui signent la débâcle de notre région.
    C’est cela qu’il est si difficile d’admettre pour nous ! C’est le Pays de Bitche qui a été le plus éprouvé, Monsieur le Président ! C’est ici qu’il y a eu le plus de morts ! Et à chaque réforme, c’est ici encore que les mesures sont les plus dures, les plus radicales, les plus définitives !
    C’est un lâchage en règle, Monsieur le Président !

    Sarko (qui feuillette quelques papiers) : Bitche a toujours été chère à mon cœur, Monsieur François ! A la cérémonie de passation de pouvoirs consécutive à mon élection, j’ai tenu à la présence des artilleurs du 57ème Régiment d’Artillerie de Bitche ! Ce sont eux qui ont tiré vingt-et-un coups de canons sur l’Esplanade des Invalides !

    François : C’est un signe, Monsieur le Président ! Il faut justement invalider cette décision de dissolution du 57ème Régiment d’Artillerie de Bitche !

    Sarko : Ce sont les militaires qui sont les premiers concernés ! Ils seront simplement reclassés ailleurs ! Ca ne pose pas de problème majeur car ils ont accepté une certaine mobilité en entrant à l’armée.

    François : Monsieur le Président, la population du Pays de Bitche a tissé au fil des ans des liens très étroits avec les personnels militaires. Nous vivons une conjoncture difficile, avec des entreprises qui mettent la clef sous la porte, des jeunes qui ont peur de l’avenir, et la présence sur place de garnisons militaires est perçue par les gens comme un pilier solide et inamovible sur lequel ils peuvent au moins compter. Beaucoup de monde s’accroche à cette branche que vous souhaitez scier !

    Sarko : Aucune branche ne sera sciée de manière inconsidérée… Mais les amoureux de la nature que compte cette assistance savent bien ce que soigner un arbre veut dire. Il faut combattre les parasites, arroser l’arbre, tailler ses branches inutiles. Si on ne le fait pas à temps, c’est l’arbre entier qui est menacé !

    François : Nous ne sommes pas des branches inutiles, Monsieur le Président, et encore moins des parasites ! Quant à arroser l’arbre, ce sont les larmes des petites gens qui vont couler à flot.

    Sarko : Vous jouez la carte sentimentale, là ! Mais on ne dirige pas un pays avec de bons sentiments. Il faut de la rigueur, monsieur François, du réalisme !

    François : Je n’aime pas davantage vos propres cartes, Monsieur le Président. La carte judiciaire, la carte hospitalière, la carte militaire, la réforme des universités… Je vois surtout à l’oeuvre des technocrates parisiens régler froidement le sort de millions de gens au vu de considérations comptables, et sans le moindre regard pour les drames qui se jouent dans la vie réelle.

    Sarko : Des drames ? Allons donc ! Quels drames ?

    François : Nous avons déjà été vivement ébranlés par la disparition d’un régiment à Sarralbe et par la suppression du 4ème Cuir à Bitche même. Demain, le maintien de nombreuses écoles sera contesté. Nos commerces seront menacés de faillite ! Les longues années de souffrance que nous avons vécues au cours des trois dernières guerres nous ont appris le courage, et ont ciselé au fil du temps notre identité de ville de garnison. S’y attaquer, c’est détruire notre bel équilibre, notre belle unité, et jeter aux oubliettes des siècles de tradition nourrie de respect des valeurs et de courage face aux épreuves. On n’a pas le droit de nier l’âme d’un pays.

    Sarko : Ne vous inquiétez donc de rien, monsieur François. Faites-nous confiance ! Nous allons nous occuper de tout !

    François : Monsieur le Président, l’avenir que vous nous promettez est bien sombre. Mais nous avons pour nous notre solidarité et notre courage. Dans les contextes les plus défavorables, dans les conflits les plus durs, nous avons toujours su serrer les rangs pour faire front tous ensemble. Jamais, nous n’avons plié devant personne ! Sachez-le, Monsieur le Président, ni aujourd’hui, ni demain, personne ne nous fera rendre gorge !
    Et puis, nous ne sommes pas seuls ! Nous pourrons toujours nous fier à nos élus qui jamais, eux, ne nous laisseront humilier et trahir de la sorte !
    Une majorité de français s’est rangée sous vos couleurs et vous a élu à la Présidence de la République en 2007. Aujourd’hui, c’est à vous de nous montrer que nous pouvons compter sur vous !

    Florence Soriano-Gafiuk

  2. le 21 mai 2008 à 17:13 étienne fillol écrit:

    DRA – MA – TIQUE.
    Pas d’autre terme… A mon avis, c’est BHL qui a écrit le bouquin de Delanoë… En tout cas, c’est bien imité : dans le genre sophismes sans queue ni tête qui font croire qu’il y a des morceaux de politique de dans, c’est exceptionnel !

    Je suis pour la liberté donc pour le libéralisme. Enorme !

    A titre personnel, je suis pour la gauche, donc contre Delanoë ;-)

  3. le 21 mai 2008 à 21:45 enzo d'aviolo écrit:

    @Etienne
    ça me fait plaisir de te lire ainsi. mais sur le fond, ça fait peur quand même si le congrès se limite à un combat delanoe-royal comme semble le souhaiter les médias aux ordres!

    @Florence Soriano-Gafiuk
    euuhhh le rapport avec le post!??
    même si je partage le fond!

  4. le 22 mai 2008 à 9:58 étienne fillol écrit:

    Ce serait effectivement pitoyable, à la fois sur le plan de la personnalisation de la politique que ces deux là nous font vivre et sur celui des idées, car entre les deux, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

    Mais bon…. hauts les cœurs, le pire n’est jamais certain…

    Un miracle est vite arrivé de nos jours :-)

  5. le 22 mai 2008 à 10:50 fmds21 écrit:

    C’est aux miltants de ne pas l’accepter, c’est aux militants de rapporter ce que disent les électeurs. En auront ils la sagesse c’est toute la question. C’est pourquoi nous militons encore au PS pour éviter cela. Alain

  6. le 22 mai 2008 à 11:11 Michel GROS écrit:

    « Le militant » psocialiste « milite » dans SON parti pour qu’il cesse de ne pas être son parti.
    Vive le militantisme !

  7. le 22 mai 2008 à 11:53 enzo d'aviolo écrit:

    @etienne
    je reconnais bien là ton optimiste démesuré! ;)

    @alain
    je reconnais bien là ta motivation aveugle ;)

    @michel
    je reconnais bien là ta lucidité provocatrice ;)

  8. le 22 mai 2008 à 14:00 Michel GROS écrit:

    OK Enzo.
    Mais qui aujourd’hui se reconnaît quelque part ?

  9. le 22 mai 2008 à 14:10 enzo d'aviolo écrit:

    @michel
    peu de personnes en effet! mais moi je te reconnais.

  10. le 22 mai 2008 à 22:08 dominique écrit:

    tu as oublié qu’au PS , il y a du ressort…il semblerait finalement que Hollande..au fond…pourquoi pas…quelle inovation

  11. le 23 mai 2008 à 8:07 enzo d'aviolo écrit:

    @dominique
    Hollande..du ressort…c’est cela oui… ;)

  12. le 23 mai 2008 à 8:39 fmds21 écrit:

    enzo en réponse à je reconnais bien là ta motivation aveugle.
    enzo tout ce que tu veux mais pas aveugle, surtout combatif pour la cause du socialisme. Alain

  13. le 23 mai 2008 à 9:52 enzo d'aviolo écrit:

    @Alain
    aveugle dans le sens où coute que coute, avec un certain refus de voir l’évidence, tu persistes au P(s).
    mais ta combativité n’est plus à démontrer bien entendu. respect.

  14. le 23 mai 2008 à 20:04 dominique écrit:

    j’ai pas dit que c’était un bon ressort…je suis a peine étonnée qu’on nous reserve la même soupe…et les mêmes pseudo a gauche du PS ne diront rien, ou pas grand chose…

  15. le 24 mai 2008 à 8:46 fmds21 écrit:

    enzo pour changer les choses il faut avoir la prétention de gouverner, c’est le rôle d’un parti politique. Si non on rentre dans l’agitation et l’inutilité des groupuscules (qui ne se souvient pas de leur nuisance pour l’élection présidentielle dans les comités) dans ce cas là il vaut mieux consacrer son énergie à autre chose. Alain

  16. le 24 mai 2008 à 16:12 Michel GROS écrit:

    Alain,
    Vouloir gouverner ne veut en soi strictement rien dire. Gouverner comment et pour quoi faire ?
    Participer à un gouvernement bourgeois ?
    Organiser le gouvernement du peuple par le peuple ?
    C’est quoi cette idée que l’extrême gauche ne veut pas gouverner parce qu’elle ne veut pas le faire bourgeoisement avec le P(s) ?
    Faut pas écouter tout ce qui ce dit à la télé.
    ;-) )

  17. le 25 mai 2008 à 15:14 Albert écrit:

    Pour une autre alternative à gauche !

    Tous à vos stylos pour signer l’appel : http://www.appel-a-gauche.org

    @ Michel
    J’ai lu ton commentaire dans Politis : faut pas écouter tout ce qui ce dit à la télé ni à la LCR…

    Albert

  18. le 25 mai 2008 à 16:19 Michel GROS écrit:

    @ Albert,
    Mes commentaires dans Politis sont argumentés par d’autres éléments que ceux de la télé.
    D’ailleurs pourquoi une autre alternative A gauche ? C’est une alternative DE gauche dont nous avons besoin (si le terme de gauche à encore un sens). Enfin bon, avec tous les loosers qui ont initié cet appel, l’alternative que je préfèrerais SOCIALISTE n’est pas pour demain.

  19. le 25 mai 2008 à 21:07 enzo d'aviolo écrit:

    @albert
    on peut faire beaucoup de reproches à Michel, comme celui d’être parfois un brin provocateur, mais certainement pas celui de suivre la pensée unique!

  20. le 25 mai 2008 à 21:21 Michel GROS écrit:

    Le drame dans cette affaire, Enzo, c’est que provocateur je ne le suis pas.
    Un drame en quelque sorte !
    ;-) )

  21. le 25 mai 2008 à 21:28 enzo d'aviolo écrit:

    :) :) :)

  22. le 26 mai 2008 à 8:43 Sophie écrit:

    Qui peut nier que la ligne de faille droite/gauche ne passe de nos jours en plein milieu du PS, en tout cas d’après les propos de ses têtes d’affiches ? Mais qu’en est-il réellement de la base ? Question pour Enzo et tous les commentateurs éclairés.

  23. le 26 mai 2008 à 10:11 fmds21 écrit:

    Sophie la fracture est encore plus nette à la base tout au moins pour les militants, peut être pas pour les supporters. Alain

  24. le 26 mai 2008 à 16:02 Sophie écrit:

    Merci Alain pour la réponse. Je n’imaginais pas cela. Je pensais que c’était le contraire…

  25. le 26 mai 2008 à 22:39 enzo d'aviolo écrit:

    @sophie
    Alain a raison, sauf que les supporters sont plus nombreux au P(s) désormais (depuis le coup des 20 euros) que les militants comme Alain.

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