Démotivé…motivé…motivé….

Fit l’écho de ma conscience politique en cette période où tout fout le camps : en vrac, les prix, la solidarité envers les plus démunis, l’inconstance politique qui rend indigne ceux qui la font, le combat dans la rue où pourtant c’est là que tout peut se jouer, mon envie de croire encore que tout cela puisse changer…

Pourtant tout est là, jamais les indicateurs politiques, économiques, sociaux n’ont été aussi négatifs pour réveiller la conscience de chacun, jamais il n’ont été aussi positifs pour croire que c’est l’humanisme qui vaincra.

Rarement la parodie du pouvoir ne s’est affichée avec autant d’éclat en France. Des mensonges en veux-tu en voilà, des contradictions d’annonces politiques à ne plus en pouvoir, des trahisons/réconciliations à gogo, un discours populiste fluctuant que Christian Lehmann nomme la Sarkolangue, le théâtre de la politique qui n’améliore plus la vie des gens fait donc son spectacle, tel l’interlude remplace les coupures d’image.

Tout ceci est désespérant mais pourtant préparé de longue date par les tenants du chacun pour soit qui prévoyaient que la somme des réussites individuelles profiteraient à l’intérêt général. Tout le monde s’aperçoit de l’échec mais reste bien formaté par cette vision d’avenir, se plaint individuellement mais subit les décisions collectives qui sont défavorables au plus grand nombre.

Comment en sortir, comment éviter qu’à l’avenir « réforme » rîme avec progrès et non régression sociale. Comment permettre que l’indignation ressentie par chacun lorsque les rafles d’étrangers se déroulent sous nos yeux comme au pires heures de notre histoire, suscite plus qu’une émotion et se traduise par une action collective massive?

L’idéologie libérale a fait son chemin, souvent relayée par la compromission des représentants « dits de gauche ». Il y a 6 ans, la France descendait dans la rue pour protester contre Le Pen au second tour des présidentielles. 6 ans plus tard, on applique sa politique, la rue est vide.

Désespérante aussi est l’action syndicale, elle qui cherche plus à s’acheter les bons points du pouvoir pour bonne conduite syndicale plus qu’il ne cherche à fédérer les actions, tants de combats majeurs mériteraient pourtant que l’on dépasse les querelles de chapelle. Constater que la véritable lutte s’enclenche à partir des mouvements lycéens pourrait laisser l’espoir d’un avenir radieux, elle est pourtant le signe que le réformisme suiveur ne touche plus uniquement les partis mais se généralise aussi à l’action syndicale.

Tous ces signes, tous ces renoncements, toutes ces destructions sociales sont la conjonction de l’incurie idéologique des humanistes de ce pays, du moins de leur capacité non seulement à se faire entendre mais aussi à fédérer les mécontentements non pas sur du « tout sauf » ou du  « tous contre », mais sur un projet de société différent qui refuse les régressions, qui refuse l’individualisme d’Etat, qui refuse de subir le diktat des pouvoirs financiers.

Et comme ma naïveté en a pris un coup avec l’âge, je suis forcément dé…motivé !

Publié dans : politique |le 16 avril, 2008 |30 Commentaires »

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30 Commentaires Commenter.

  1. le 16 avril 2008 à 19:56 Mekbrun écrit:

    Hardi Camarade !!!

  2. le 16 avril 2008 à 20:26 dominique écrit:

    ca va passer, on y passe tous , un peu , cahque semaine, et puis…si on lache..on laisse faire quoi? t’as des enfants? pense a eux ca aide..sinon, fais en vite, mais pas trop parce que l’monde pourri qu’on risque de leur laisser, ca invite effetivement à reflechir..;-)))))

  3. le 16 avril 2008 à 20:58 enzo d'aviolo écrit:

    Houla ne vous méprenez pas, je ne suis pas dépressif, il n’y a pas que la politique dans la vie, heureusement sinon le suicide serait proche.
    Non, juste un gros écoeurement actuel qui me fait m’en éloigner un peu plus…

  4. le 16 avril 2008 à 21:35 Mekbrun écrit:

    Suis pas vraiment sûr que penser aux gosses et au monde qu’on leur prepare puisse remonter le moral. Et parmi les gosses d’aujourd’hui il y a les Sarko et les Bush de demain……

  5. le 16 avril 2008 à 21:54 dominique écrit:

    ben oui , mais des fois nos gosses , ca aide a pas laisser tomber.;ecoeurement également, et quand je vois comment chaque groupe tire ses ficelles…pff, bon, entre temps, une petition vient de me parvenir pour la defense des services publics..ca vient de la FSU..c’est pas ma boutique mais j’leur ai envoyé et j’aimerai bien que ca bouge un peu plus pour l’opposition..
    Enzo, heureusement que notre vie ne se résume pas à ça..mais on baigne dedans..

  6. le 17 avril 2008 à 10:43 fmds21 écrit:

    C’est en se démotivant individuellement que l’on en est arrivé là. Les néolibéraux ont bien joué. Pour ceux qui en ont conscience il faut tout au contraire rester motivé. Si le feu du collectif était encore bien vivant sous la braise il appartient aux humanistes qui ne peuvent être libéraux de le rallumer. Alain

  7. le 17 avril 2008 à 11:23 enzo d'aviolo écrit:

    @Alain
    je crois plutôt que ma dé motivation est une conséquence plutôt que la cause.

    @dominique
    oui bien sur mais tu as vu que le mot démotivé est soit suivi de motivé soit avec un espace ;)

  8. le 17 avril 2008 à 21:15 dominique écrit:

    ce qui me rassure un peu vois tu c’est qu’on partage tous un peu ca a la base, quelle que soit la boutique..enfin, pas a l’ump surement..et donc si nos eaders hesitent encore, on va les pousser dans le « droit chemin »!!;-))

  9. le 17 avril 2008 à 22:12 jeannine écrit:

    Courage Enzo.

    Il suffit de faire de ce que l’on peut, là où l’on est et de partager.

    Tu vas vite te REMOTIVER…

  10. le 18 avril 2008 à 8:09 enzo d'aviolo écrit:

    o: merci jeannine, mais tout va bien! c’est juste qu’on est représenté par des ….

  11. le 20 avril 2008 à 16:46 les marques du plaisir écrit:

    nan , juste qu’on a laissé les clefs de la baraque à des salauds … et qu’ils se sont empressé de foutre des verrous dans les têtes …

    qui a fait le travail de délégitimation de l’affrontement ?
    qui a mené a son terme le long apprentissage du bonheur de la soumission ??
    qui a fait que tous ses hommes et ses femmes, en colére, a gauche, se sentent honteux d’avoir envie de planter leur poing sur le nez des ordures ?

    il y a urgence à reconstruire l’idée de la légitimité de l’affrontement chez nous, à défaut, nous qu’ils vont massacrer, nous serions coupables de complicité dans le « génocide » qu’ils nous font subir …

    il est des violences légitimes …

  12. le 20 avril 2008 à 17:09 enzo d'aviolo écrit:

    @les marques
    ok les marques, mais elle est où la bagarre de rue???? :(

  13. le 22 avril 2008 à 9:06 E.M. écrit:

    Déclareation de principe du PS :
    Art 1
    Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète.

    C’est pas beau ça ?

  14. le 22 avril 2008 à 11:48 enzo d'aviolo écrit:

    @EM
    aussi beau que chez les bisounours…superbe! mais certains y croient encore…alors

  15. le 22 avril 2008 à 12:25 E.M. écrit:

    @ Enzo
    J’ai bien envie d’y croire… En tout cas, même si j’imagine l’hypocrisie dont ont fait preuve certains socialistes pour signer ce texte, je trouve cet article très… motivant !

  16. le 22 avril 2008 à 14:52 Michel GROS écrit:

    Oui, E.M., on dirait un encyclique. 47% de votants viennent de se rendre compte qu’ils sont des imbéciles.

  17. le 22 avril 2008 à 16:45 enzo d'aviolo écrit:

    :) :) :)

  18. le 22 avril 2008 à 18:14 E.M. écrit:

    @ Michel « 47% de votants viennent de se rendre compte qu’ils sont des imbéciles. »
    De quoi parles-tu ?
    Je suis un peu largué en ce moment…

  19. le 22 avril 2008 à 18:59 enzo d'aviolo écrit:

    je crois qu’il parle des présidentielles eric….

  20. le 22 avril 2008 à 20:47 E.M. écrit:

    et ?

  21. le 23 avril 2008 à 11:42 Michel GROS écrit:

    Et … aucun adhérent du P(s) aujourd’hui ne peut ignorer l’ignominie dans laquelle ce parti les entraîne, celle d’une compromission quasi religieuse avec le capitalisme. Penser pouvoir panser les ravages de cette idéologie macabre est une illusion CONDAMNABLE.

  22. le 23 avril 2008 à 13:56 E.M. écrit:

    @ Michel
    « compromission quasi religieuse avec le capitalisme »
    Rien que ça !??!
    Et sinon, la création du nouveau parti anti-libéral cher à Besançenot, ça avance ?

  23. le 23 avril 2008 à 14:21 E.M. écrit:

    Art 6
    Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationalité, facteur de crises, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation dominée par le capitalisme financier.

    Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux.
    Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale.

    Les socialistes affirment que certains domaines de l’activité ne peuvent relever du fonctionnement du marché, quand ils concernent des droits essentiels. Les socialistes font de la création durable et de la redistribution des richesses un enjeu majeur de l’action politique.
    Ils pensent que les politiques participant aux enjeux environnementaux doivent être coordonnées par la puissance publique garante du long terme et de l’intérêt général.

    Quand je me souviens du « projet Royaliste », je me dis quand même que ce texte va dans le bon sens, pas dans celui de SR ! Mais c’est vrai que j’ai peut-être pas le niveau intellectuel qui me permettrait de décrypter cette déclaration…

  24. le 23 avril 2008 à 16:08 Michel GROS écrit:

    @ E.M.
    Pour éclairer le blabla volontariste et dénué de sens du texte P(s) :
    http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/416399/les-mots-detournes-outil-de-propagande.html

    Un parti : certes, mais pas sûr qu’il ressemble à ceux existants.
    « Refondation socialiste » ce serait pas mal comme nom. J’imagine la tronche du P(s)
    Antilibéral serait insuffisant.
    Cher à 84% des militants LCR, ça c’est sûr.

  25. le 23 avril 2008 à 17:10 E.M. écrit:

    @ Michel
    Merci pour ce lien vers un texte très intéressant.
    Je suis désolé d’être naïf, en tout cas en apparence, mais je considère qu’il faut avoir un discours avant de passer aux actes. Nous verrons bien s’il s’agit encore une fois de blabla volontariste. Les actes suivront-ils les « beaux » discours ? Cela dépend certainement aussi un peu de nous tous !

  26. le 23 avril 2008 à 21:26 enzo d'aviolo écrit:

    @Eric
    c’est surtout que ce texte d’intention qui dis une chose et son contraire pendant 4 pages (dans ce que tu cites on nous parles d’être pour l’economie de marchéc et ensuite d’économie mixte, excuse moi mais ce n’est pas la même chose) est une regression par rapport à celui de 1990! alors c’est sur par rapport à royal c’est très de gauche, mais par rapport à mitterrand, c’est à droite….c’est dire!

  27. le 24 avril 2008 à 0:57 E.M. écrit:

    Ok. Je ne connais pas bien celui de 1990. Je ne suis pas militant politique depuis très longtemps.
    Pour l’histoire de l’économie mixte et de marché, je sais bien que cela n’est pas la même chose… mais j’aime bien la partie où il est dit que l’économie de marché sera régulée par la puissance publique !
    Désolé, mais je ne suis pas vraiment anticapitaliste, je considère simplement qu’il faut mettre des « gardes fous » au capitalisme et qu’il faut également que les « forts » aident les « faibles ». L’Etat doit servir à cela !
    Pour le reste, je ne défends pas cette « déclaration de principes » dans sa globalité, du moins pas pour l’instant, car je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir sérieusement. Je me suis juste attaché à lire quelques articles et ceux que j’ai regardé de près ne me déplaisent pas. En tout cas, j’aurais plus de conviction si je dois les défendre que lorsque j’ai été obligé de soutenir SR !
    Mais tu dois certainement avoir raison pour 1990…

  28. le 24 avril 2008 à 21:33 enzo d'aviolo écrit:

    @EM
    « l’économie de marché sera régulée par la puissance publique  »
    c’est exactement ce que les libéraux anglais viennent de faire avec les banques qui ont pris de plein fouet la crise des subprimes!
    la solidarité en cas de perte, une notion bien libérale que le P(s) reprends à son compte, c’est terrible!

  29. le 24 avril 2008 à 23:24 E.M. écrit:

    Oui, on peut le voir comme ça… Mais on peut aussi penser que la puissance publique sera là pour empêcher les dérives de cette économie et aussi pour que ceux qui auront du mal à suivre (victimes ?) puissent en profiter quand même !

  30. le 30 avril 2008 à 14:04 enzo d'aviolo écrit:

    ça c’est au pays de Candie Eric! c’est bien de rêver mais la réalité les as tous rattrapé ceux dont tu parles….

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