Quand la rentabilité tue le service à la personne…

Tout le monde s’est félicité il y a peu encore, de l’aboutissement et de la mise en service du LGV Est qui relie désormais Strasbourg en un temps record. Cette décision de lancer la réflexion sur ce projet de développement du service public avait été prise en 1985, sous la présidence de la république de Mitterrand, à une époque où la notion de rentabilité n’avait pas encore gangrené la réflexion politique lorsqu’il s’agissait d’envisager de relier les peuples et au-delà de favoriser l’accès au transport du plus grand nombre.

Ce choix passé nous revient aujourd’hui en pleine figure en raison de l’actualité d’Air France, dont le début de privatisation a commencé sous l’ère Jospin en avril 1999 pour que la société d’Etat devienne définitivement privée en mai 2004, qui a décidé d’abandonner certaines lignes aériennes internes dont celle qui relie Paris à Strasbourg. On déshabille Paul pour habiller Jacques, tans pis pour les utilisateurs du transport aériens pour lesquels ce dernier apportait plus de souplesse, de proximité ou des spécificités plus adaptées.

Ce qui me choque dans cette décision, c’est qu’il y a 20 ans, ce n’est pas la notion de rentabilité de la ligne qui aurait guidé le choix d’abandonner où non ce service intérieur, mais bien le rôle que doit jouer le service public sur tout le territoire, notamment en matière de transport, ce qui aurait évité la suppression des lignes envisagées.

Vous me direz, même la SNCF, entreprise publique Française, pour des questions de rentabilité, supprime des lignes régionales ! C’est un fait qui signe une réflexion générale qui a aussi gangrené les entreprises publiques censées répondre à un besoin de service public et qui ne raisonnent plus qu’en terme de rentabilité financière du service rendu. Pour la SNCF, la libéralisation du fret et l’ouverture envisagée à la concurrence n’y sont certainement pas étrangers.

Le comble aujourd’hui donc est de constater que deux anciens services publics de transport se feraient « concurrence » au nom de la rentabilité alors qu’ils sont simplement complémentaires en matière de service de transport à la personne.

Le sens de l’histoire est aujourd’hui d’opposer pour des notions de rentabilité immédiate, alors que contrairement aux demandes des usagers (*), il serait souhaitable de garder différents types de services, complémentaires, quand bien même il ne seraient pas rentables, permettant à tous les habitants du territoire, qu’ils soient particuliers ou entités économiques, de se déplacer selon leurs facilités et leurs choix.

Une fois de plus, la concurrence implique plus de rentabilité, et plus de contraintes génèrent moins de liberté.

Le libéralisme a décidément des effets bien différents que ce que les promesses des discours veulent nous inculquer….

(*) il suffit, à titre d’exemple, de s’intéresser aux demandes depuis plusieurs années des élus et des usagers en faveur de la réouverture de la ligne de TER Carpentras-Avignon, fermée au nom de la sacro-sainte rentabilité, alors que les besoins, certes faibles en nombre pour être rentables, sont pourtant bien réels. 

Publié dans : politique |le 9 mars, 2008 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 12 mars 2008 à 6:45 dominique écrit:

    tu sais quoi , nos petits enfants redécouvriront peut être les périples de nos grands parents, pour faire 200km…avce des transports quasi inexistants dns certaines regions rurales, et des voitures devenues inabordables? a dos d’âne!

  2. le 12 mars 2008 à 8:30 enzo d'aviolo écrit:

    @dominique
    tu as raison, régression, régression…

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