Si jamais la grève devait s’étendre, mieux vaut ne pas trop en parler….

Comme il est d’usage dans la presse française lorsqu’un mouvement de grève se développe en bloquant l’activité d’autres secteurs d’activité, la consigne est toujours la même, mieux vaut montrer les difficultés des usagers et des entreprises pénalisées plutôt que de chercher à expliquer les causes de la grève, les revendications de ceux qui luttent.

Car chez nous voyez-vous, le grévistes est facilement assimilé à un inconscient qui défend sa chapelle et non à quelqu’un qui lutte parce qu’il n’a plus le choix, quand bien même il soit fortement pénalisé financièrement par son action.

De la même façon, vous remarquerez que les fins de conflits sont régulièrement présentées comme un soulagement généralisé où on laisse s’exprimer le contentement de ceux qui ont « souffert », mais jamais comme une victoire de négociations réussies consécutives à la grève. Il est d’ailleurs rare que les revendications satisfaites soient détaillées, encore plus rare de conclure que la grève fut un moyen de lutte efficace pour aboutir à un accord social !

Ce mode de retranscription médiatique n’est pas étonnant quand on sait la collusion qui existe entre pouvoir financier, Etat et médias en France.

Mais ce qui est encore plus frappant, c’est la retranscription de la fin de grève des routiers en Italie où il faut être un fin limier pour réussir à décrypter les compensations précises obtenues par les routiers italiens pour mettre fin à leur grève 2 jours avant le terme initialement prévu !

Bien sûr, les mêmes méthodes grossières de suivi du conflit ont eu pour unique objectif de nous expliquer les difficultés d’approvisionnement engendrées en Italie comme les problèmes de circulation à la frontière Française, mais presque rien ne vient préciser les raisons de la fin du conflit.

L’AFP s’est contentée dans une page de communiqué d’un « le règlement du conflit est intervenu à l’issue d’une réunion au ministère des Transports, au cours de laquelle le gouvernement a présenté aux représentants du patronat et des salariés du secteur des mesures, portant notamment sur leurs contrats de travail et sur des aides pour faire face à la hausse des prix du carburant ».

Quelqu’un serait-il angoissé, en France, à l’idée d’une extension de ce type de conflit aux routiers français qui connaissent peu ou prou les mêmes difficultés de réduction de leur pouvoir d’achat, au point qu’il faille surtout ne pas ébruiter les compensations forcément conséquentes obtenues pour que le conflit se termine si brutalement ?

Les plus répressifs de la droite française se gargariseront certainement à juste titre que le gouvernement social démocrate italien, en bon suiveur de la droite tels que nous les connaissons aussi en France, ait jugé le mouvement illégal, le ministère des Transports ayant ordonné aux routiers de reprendre le travail sous peine de 500 euros d’amende par jour et de la suspension des licences.

Bien que ce type de mesure puisse donner des idées à la droite française toujours prompte à réduire le droit de grève, nous avons maintes fois constaté la ténacité de cette corporation lorsqu’elle se lance dans une lutte de grande envergure, ce qui n’aurait certainement pas permis de stopper le mouvement de grève sans que les compensations soient conséquentes.

Voilà certainement pourquoi les médias aux ordres ne nous indiquent pas le contenu  des avancées obtenues par les routiers italiens. Voilà pourquoi le profil bas est adopté, voilà pourquoi dans ce pays, tout ce qui pourrait nuire à l’argent roi, comme les revendications salariales des plus démunis, doit être tu !

Publié dans : politique |le 13 décembre, 2007 |15 Commentaires »

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15 Commentaires Commenter.

  1. le 13 décembre 2007 à 10:12 brigetoun ou Brigitte Celerier écrit:

    ne pas parler d’un gouvernement social démocrate italien c’est un gouvernement de centre plutôt gauche qui a avalé ce qui restait de socialistes et une partie de ce qui restait des ex communistes.
    Ce que la camarade Ségolène ne réalise pas c’est qu’en Italie c’est Bayrou qui mène l’atelage

  2. le 13 décembre 2007 à 11:27 enzo d'aviolo écrit:

    @brigetoun
    perso, je ne vois pas de différence entre prodi, royal, bayrou ou DSK! ce sont des sociaux démocrate ou des démocrates à l’américaine si tu préfères, bref qui courent toujours après la droite….

  3. le 13 décembre 2007 à 13:15 fmds21 écrit:

    brigetoun disons clairement les choses ce sont des libéraux ils ne rêvent que de devenir les supplétifs pour pratiquer la même politique. Il va tout de même falloir un jour qu’au PS que l’on ouvre grand les yeux, que l’on cesse d’être faussement autiste, que l’on crie très fort que le socialisme n’est pas le libéralisme. Alain

  4. le 13 décembre 2007 à 14:19 enzo d'aviolo écrit:

    @alain
    Et qu’on le mette en application….accessoirement ;)

  5. le 13 décembre 2007 à 15:37 Michel GROS écrit:

    Disons clairement les choses : c’est parce que les membres du P(s) gobent tout, de Bockel à Mélenchon, que le mot socialisme est devenu un gadget sans conséquence pour tous ces « révoltés de salon ».

  6. le 13 décembre 2007 à 17:28 enzo d'aviolo écrit:

    @michel
    j’aime ta clarté, même si tu peux en faire un raccouci paquet de lessive tant Bockel et Méluche sont à l’opposé! :)

  7. le 13 décembre 2007 à 17:41 Michel GROS écrit:

    Hein, quoi l’opposé !
    Démonstration :
    Bockel est une caution de Gauche pour l’UMP … donc la Droite.
    Mélenchon est une caution de Gauche pour le P(s)… donc la Droite.
    ;-) )))

  8. le 13 décembre 2007 à 18:35 enzo d'aviolo écrit:

    Ah oui dans ce sens là ils ont un point commun, ok! t’as bien fait de préciser… :)

  9. le 13 décembre 2007 à 22:46 nathP écrit:

    Universités – Droit de grève – Ce qu’il se passe à Lyon
    Par Alice Verstraeten

    jeudi 13 décembre 2007.

    Reçu sur la liste Multitudes – Infos

    Alice Verstraeten enseigne à l’université de Lyon II.

    Bonjour à tous, Ma fac (Lyon II) s’enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m’inquiète profondément., Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s’auto censurent ou se font censurer.,
    Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès.
    Certains étudiants et enseignants s’opposent à cette loi., Les étudiants ont choisi le blocage de l’Université comme mode d’action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ait rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd’hui, à la limite, peu importe. On a, pour l’instant, dépassé ce débat.,
    Depuis quelques jours, le président de l’Université a fait appel aux « forces de l’ordre » : des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué « sécurité ». Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l’Université en montrant notre carte « cumul » (une carte magnétique d’étudiant ou d’enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte… de paiement dans l’enceinte de la fac… ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup)., Il semble bon de rappeler qu’une Université est, selon la loi, un « établissement public à vocation scientifique et culturelle »…,
    Les étudiants qui manifestaient scandaient à l’encontre des vigiles, hier matin : « Voyous, racailles. » Car certains d’entre eux s’amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d’autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été « étranglée » avec son écharpe pour qu’elle dégage un passage., A l’entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur le campus des quais du Rhône.
    Dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.,

    J’étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m’avaient dit avoir été « molestées » par les CRS la veille et voulaient que j’en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête., Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l’autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d’être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d’accord, qu’un travail préalable « d’information » a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux., Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd’hui même (donc : il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus).
    Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu’ils sont « extérieurs à l’Université » et que ces arrestations sont survenues après des troubles. Il n’y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins., Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball., Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus : de « type méditerrannéen », il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l’autre.
    Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S’ils ont effectivement été convoqués par le président de l’Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d’entrer dans la fac, pourquoi filment-ils ? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l’université ?, De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer. Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.,

    Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d’entrer dans une fac investie de forces de police, de gendramerie et de vigiles privés non asermentés. Je refuse de montrer des papiers d’identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d’entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant muni du sac en cuir typique de l’enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l’allure avec ses cheveux blancs) en lui disant « J’vais t’fumer toi, j’vais t’fumer. »,

    Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l’on avait le droit de grève dans notre pays., Je crois que ce qui m’inquiète le plus, c’est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais « normale ».,

    SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DÉMISSIONNE., D’autre part, pour permettre l’action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s’obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu’ils risquent purement et simplement, en cas d’incendie, c’est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes.,

    Je joins à ce message la « Lettre ouverte à la présidence de Lyon 2″ rédigée par des enseignants (datée d’avant hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d’hier), ainsi que le dernier message de la présidence elle-même, pour que vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds de jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique et médiatique.,

    Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin., Alice Verstraeten

    http://www.pag69.org/article.php3?id_article=712

  10. le 14 décembre 2007 à 17:08 fmds21 écrit:

    enzo, il faut le mettre en application en permanence et non pas accessoirement, en militant à l’intérieur du PS et à l’extérieur avec tous ceux qui veulent construire une autre gauche. En attendant le congrès pas question d’abandonner et de laisser le parti aux libéraux. Alain

  11. le 14 décembre 2007 à 21:38 enzo d'aviolo écrit:

    @alain
    mais c’est déjà fait Alain, faut juste s’en rendre compte!

  12. le 15 décembre 2007 à 9:43 fmds21 écrit:

    Le pessimisme, la sous estimation de ses forces, se rendre avant d’avoir livré bataille, est une très mauvaise stratégie. Celle de l’abandon, du renoncement, personnellement je ne jouerai jamais l’acte d’une pièce peu glorieuse. Surtout pas de défaitisme, ils n’attendent que cela. C’est déjà fait si nous le laissons faire. Alain

  13. le 15 décembre 2007 à 9:51 enzo d'aviolo écrit:

    @Alain
    Ah mais non, tu n’y es pas du tout! il ne s’agit de ne rien abandonner du tout ni de sous-estimer quoi que ce soit, bien au contraire, il s’agit juste de se rendre compte que les luttes socialistes, au vrai sens du terme, se font ailleurs que dans ce parti social démocrate! vous vous en rendrez compte après le congrès, mais vous aurez perdu un an, c’est tout.

  14. le 15 décembre 2007 à 10:52 Michel GROS écrit:

    Enzo,
    Après le congrès il y aura un autre congrès avant le prochain congrès. Les socialistes font des congrès avec des synthèses à l’eau de rose. C’est cela leur résistance !
    ;-) )

  15. le 15 décembre 2007 à 17:00 enzo d'aviolo écrit:

    @michel
    c’est provocateur mais malheureusement pas completement faux. ;)

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