Archive pour le 10 décembre, 2007

Le prix de la vie d’un homme, celui de la vie des hommes…

158 euros, c’est le prix que vaut une journée de la vie d’un homme en France en décembre 2007.

Vous me direz, c’est pas mal, c’est presque cinq fois plus que la journée de travail d’un smicard en 2007 !

C’est vrai, mais lorsque cette vie s’effectue en prison en raison d’une erreur judiciaire pendant 3 années, cela devient peu cher payé à la fois pour le préjudice subi, mais aussi en comparaison avec le taux horaire d’un smicard dont on finit par se demander si lui-même n’a pas parfois le sentiment de vivre dans la prison de son employeur.

C’est pourtant l’indemnisation que vient d’attribuer la commission nationale de réparation de la détention provisoire à un homme qui a passé 3 ans en taule, accusé à tort d’avoir tué sa femme, et ce 13 années après le préjudice subi.

Les acquittés d’Outreau ou Patrick Dils, pour ne citer que les plus connus, avaient justement obtenus des indemnisations plus conséquentes. Il faut dire que dans ces deux cas, la récupération politique, comme l’émoi suscité par l’opinion avait certainement pesé sur les sommes consentis par la justice dont l’impartialité et l’indépendance reste toujours à démontrer en pareille circonstance.

Pendant ce temps, je paie cinq jours de vacances à un dictateur, que j’honore de tous les attributs de la république et qui pourra se gargariser d’avoir trouvé en cette occasion une reconnaissance jamais obtenue jusqu’alors par un pays dit démocratique.

Quelques vierges effarouchées au gouvernement vont bien sûr nous jouer le refrain de l’indignation au nom des droits de l’homme, mais toujours est-il que personne ne regarde en ce cas à la dépense quand il s’agit de devenir le fournisseur exclusif d’un pays totalitaire si la contrepartie s’inscrit en monnaie trébuchante qui ne changera de toute façon pas la vie du smicard à 33 euros la journée de travail.Peu importe les tortures passées, la respectabilité passe par l’importance du portefeuille.

Vous me direz, il est fou, quel rapport entre tous ces faits d’actualité qui justifierait un post aussi bancal !?

Tout et rien à la fois, peu de détail commun dans cette actualité que je trouve déprimante, mais en même temps des similitudes frappantes dans un pays où désormais tout s’achète :

- Un représentant du peuple qui s’évertue à mettre en dissonance ses paroles et ses actes tout en répétant pourtant inlassablement qu’il fait ce qu’il a dit. Manque de bol, alors qu’il devait nous la jouer rupture avec ses prédécesseurs en matière de politique étrangère, la rupture a plus le goût de l’accentuation de la real politique.

- Un petit VRP qui déshonore même la profession, tant il brade des siècles de respect humaniste de sa diplomatie, quand bien même ses prédécesseurs ne furent pas des gardiens du temple des droits de l’homme, personne n’a toutefois osé atteindre un tel cynique ostentatoire où l’Etat devient représentant de multinationales.

- Une justice menacée car démantelée par celui qui rend justice avant que la juridiction ne se soit réunie lorsque ses intérêts communicatifs le justifient, mais qui brandit le respect de la présomption d’innocence lorsque les mises en examen touchent ceux qui l’ont fait élire.

- Un petit politicien finalement très sélectif dans ses dénonciations et qui n’est pas prêt, malgré une suractivité non naturelle, à s’affairer au chevet de toutes les victimes innocentes de la justice si elles ne lui procurent pas quelques avantages électoraux auprès d’un public toujours plus sensible pour plébisciter la condamnation coûte que coûte, plutôt que la justesse du verdict rendu.

On comprend mieux pourquoi Sarkozy est le seul à appeler Poutine pour le féliciter de sa victoire électorale truquée. Vous ne voyez pas de ressemblances dans les méthodes?

Finalement, une journée banale en Sarkosie 2007, où la valeur de la vie humaine est bien loin des préoccupations de notre comptable de président!

Publié dans:politique |on 10 décembre, 2007 |9 Commentaires »

Et pourtant, ça n’émeut pas grand monde…

Pour une fois que l’Europe publie une étude qui vient conforter ce que tous les vilains gauchistes de France et de Navarre rabâchent depuis des mois, voire des années, la gauche française serait bien inspiré de l’utiliser pour crier haut et fort, en cette période de foutage de gueule Sarkozyste généralisé qui touche notamment le pouvoir d’achat, que les salariés français méritent à plus d’un titre de voir leur salaires augmenter (*).

En effet, une étude  de la commission européenne nous indique que la part des salaires dans la richesse nationale française a baissé de 10% entre 1975 et 2007 au point de revenir à une redistribution de la richesse produite (somme des valeurs ajoutées représentée par le PIB) inférieure à celle de 1960 pour les salariés, en France comme dans l’Europe (-12%), même si des disparités peuvent apparaître selon les pays.

Cette diminution de rétribution du travail et donc de l’appauvrissement du salariat, qui n’est certes malheureusement pas une nouveauté, s’observe de façon doublement inégalitaire en fonction du niveau de qualification des salariés.

Encore une fois, ce sont les salariés les moins qualifiés qui ont vu leur pouvoir d’achat baisser le plus fortement, alors que les salariés les moins mal lotis ont du se retrouver soit du coté des actionnaires soit du coté de ceux pour qui faire jouer la concurrence en vendant leur force de travail prends tous son sens.

Pour en arriver à ce stade régressif, vous imaginez bien que le pendant du salariat, l’actionnariat, n’a pas connu les mêmes désagréments, c’est un euphémisme que de le signaler.

Ce trend n’augure rien de bon lorsqu’on voit la politique européenne comme nationale se mettre en place, car de tels rapports constatent mais se gardent bien d’envisager un rééquilibrage salvateur et juste en faveur des salariés.

Alors on regarde la destruction des tissus sociaux se creuser, parfois même ceux qui la subissent s’en félicitent pour vanter une diminution des charges pesant sur des entreprises conséquemment soit-disant plus concurrentielles, et qui pourtant iront créer de la richesse là où le salarié français n’en profitera pas !

Cette hypocrisie qui ne profite qu’à ceux qui détiennent le pouvoir en France comme en Europe n’a que trop duré, et seule une action coordonnée du salariat français comme européen peut permettre de changer la donne malsaine vers laquelle veulent nous embarquer tous les libéraux de cette Europe, à savoir toujours plus d’argent pour les riches et oisifs, toujours moins pour les salariés.

Il ne reste plus à ces derniers qu’à intégrer que les capitalistes sont riches parce qu’eux-mêmes s’appauvrissent. Dure prise de conscience s’il en est.

(*) réellement, à temps travaillé constant je veux dire, et non par un tour de passe-passe idéologique comme en Sarkosie.

Publié dans:politique |on 10 décembre, 2007 |Pas de commentaires »

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