Le strapontin plutôt que les convictions !

Vous l’avez une fois de plus constaté, comme lors des luttes étudiantes contre le CPE de 2006, l’UNEF, syndicat majoritaire étudiant, a plus rattrapé le mouvement de lutte contre la loi LRU qu’il ne l’a précédée.

Il faut dire que l’UNEF est un peu aux étudiants ce que la Cfdt (et peut-être bientôt la Cgt) est aux salariés, à savoir une succursale du Parti Socialiste pour responsables syndicaux aux dents longues.

Le dernier exemple en date est on ne peut plus symptomatique puisque Bruno Julliard, président de l’UNEF, va quitter le syndicat pour intégrer la liste municipale 2008 de Delanoë pour Paris.

Bien sûr, cet engagement est un retour au bercail pour Bruno Julliard puisqu’il fut militant socialiste avant d’être président de l’UNEF, mais il montre à quel point son engagement militant ne fut qu’une transition réfléchie au service de son ambition personnelle.

En effet, comment qualifier le départ du président du syndicat majoritaire en plein conflit sur la loi LRU ? 

L’UNEF, par la voie de son principal représentant, s’est d’ailleurs précipité pour négocier avec le gouvernement comme il s’est hâté pour lâcher le mouvement à la moindre bribe de revendication accordée par Pécresse. Ce syndicat semblait avoir des choses plus urgentes à régler avec son changement de présidence, démontrant ainsi une immaturité visible car boutiquière dans la défense des intérêts étudiants, finalement au service d’une cupidité politique personnelle.

Cette collusion politique, entre la défense des intérêts de futurs salariés et les ambitions d’accession au pouvoir, discrédite la parole de milliers de jeunes qui se battent et croient en des idéaux aujourd’hui menacés tel le droit à une éducation libre et égalitaire, principe pourtant essentiel de notre république. Il n’y a pas pire que le mélange des genres dans l’action politique.

Monsieur Julliard, pourtant encore très jeune, mais déjà si conformiste dans la pratique politique qu’il démontre, tant ses convictions profondes semblent être reléguées au second plan face l’arriviste politique de ses actes.

C’est d’autant plus désolant que l’on peut toujours espérer d’une nouvelle génération qu’elle tire les enseignements des générations passées qu’elle se complait pourtant parfois à dénoncer de façon virulente pour ses pratiques détestables.

Or malheureusement, l’archétype Julliard se dépêche de reproduire ce qui écoeure le citoyen lambda, cette façon de lâcher ses engagements lorsqu’ils ne lui rendent plus service, cette précipitation pour rejoindre la grande famille des élus avides de pouvoir, les convictions et les combats en cours important peu.

Assez dans l’air individualiste du temps finalement….

Publié dans : politique |le 6 décembre, 2007 |11 Commentaires »

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11 Commentaires Commenter.

  1. le 6 décembre 2007 à 20:45 dominique écrit:

    pourquoi ne pas proposer une réforme de l’engagement syndical: pas d’adhesion politique ET syndicale pour ceux qui ont un mandat…obligation de porter son mandat syndical a terme avant d’envisager de prendre une responsabilité politique…et inversement…

  2. le 6 décembre 2007 à 21:27 enzo d'aviolo écrit:

    @dominique
    cela me semble des propositions de bon sens dominique. pas sûr que ça convienne à des Julliard!

  3. le 6 décembre 2007 à 22:07 Nico2312 écrit:

    loin de moi l’idée de défendre Julliard dont la démission de la présidence de l’Unef est ridicule… surtout quand on apprendre dans la foulée qu’il rejoint les listes de Delanoë…
    mais il faut tout de même rétablir la vérité : il n’a jamais été en même temps au PS et président de l’Unef : il avait quitté le MJS suite à son élection…

    sur la proposition de Dominique de non cumul des mandats politique et syndicaux, elle ne semble pas mauvaise, mais n’oublions pas que dans les statuts du PS(je sais c’est chiant à lire :-) ), l’adhésion à un syndicat est en principe obligatoire…

    enfin que l’Unef (et avant l’Uned ID) soit une succursale, ou plutôt une couveuse, du PS c’est une évidence…
    cependant la comparaison avec la CFDT sur ce point est absurde et fausse depuis le recentrage de la confédération de la confédération de Belleville en 1978… il est loin le temps des assises du socialisme de 1974

  4. le 6 décembre 2007 à 23:27 christine RS21 écrit:

    Thibault lâche les cheminots, Juliard lâche les étudiants !
    Il avait juste signé pour un contrat première chance !!!! :-)

  5. le 7 décembre 2007 à 0:03 Michel GROS écrit:

    Qui c’est Julliard ?

  6. le 7 décembre 2007 à 6:13 dominique écrit:

    effectivement, j’ai pas creusé les statuts …j’ignorais qu’un adhérent PS devait être syndiqué..eh bien, puisque c’est l’heure de la rénovation à gogo…renovons les statuts.d’autant qu’ils ne sont pas appliqués….y’a plein de choses à dépoussiérer surement..notamment la communication interne et la démocratie du systeme…
    bon, maintenant je comprend encore mieux un phénomène ou j’appelle le « syndicat du patron » , pas sans fondemment non plus…

  7. le 7 décembre 2007 à 8:08 enzo d'aviolo écrit:

    @Nico
    merci pour la précision sur les statuts que je ne connaissais pas non plus (pas eu le temps de le lire, chui pas resté asses longtemps :) )
    ça confirme en même temps mon post sur cette collusion malsaine statutairement exigée c’est un comble!
    que julliard n’ait pas été dans les deux en même temps c’est un fait, ça ne le dédoine en rien du reste!
    Pour la Cfdt, je constate tout de même que beacoup de militants P(s) la compose (moins depuis 2003) et qu’elle a depuis de longue années une attitude suiviste comme le P(s)

    @Michel
    regarde dans wiki! ;)

    @xtine
    lâche, lâcher…oui tu a raison, ce sont les termes appropriés!

    @dominique
    tellement à rénover qu’il faut mieux reconstruire du neuf, c’est ce qu’on dit dans le bâtiment!

  8. le 7 décembre 2007 à 9:11 Michel GROS écrit:

    Ah oui ! Ce petit mec à peine sorti du landau, propre sur lui avec sa tête d’iguane. Qui bave devant un plat de lentilles vertes du Puy en Velay. Bof ! Cela fera un inutile de plus au P(s) et un de moins à Gauche.
    ;-) )

  9. le 7 décembre 2007 à 9:47 enzo d'aviolo écrit:

    :) :) :)

  10. le 7 décembre 2007 à 23:44 Albert écrit:

    C’est la tradition au PS, les «bons» syndicalistes ou les animateurs du MJS finissent par obtenir des postes réservées qui sont souvent des tremplins pour d’autres postes mieux «rémunérées».

    Un prédécesseur célèbre de Bruno Julliard, mais pour les lycéens, David Assouline a fait encore plus fort puisqu’il s’est débrouillé pour finir sénateur et voulait même être ministre de Ségolène…

    Mais le jeune Bruno a aussi bénéficié, auprès de Bertrand Delanoë, du soutien de sa maman, mairesse PS du Puy en Velay…

    Nul doute aussi, que comme David Assouline, passant avec une facilité déconcertante du Non au Oui à la constitution européenne bis, il héritera d’un prochain poste de député ou de sénateur.

    La carrière d’abord, la réforme après…

  11. le 8 décembre 2007 à 14:44 enzo d'aviolo écrit:

    @Albert
    tout ce que tu décris, c’est surtout « peu importe les convictions »!
    perso cette pratique m’écoeure!

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