Electeurs de gauche : qui nous représente encore ?

Pour tous ceux qui aspirent à une société solidaire, où l’impôt n’est pas l’ennemi absolu duquel on se plaint à longueur de temps mais concourre simplement à renforcer les liens intergénérationnels et à conforter un lien social qui valorise le « vivre avec », où la solidarité ne se confonds pas avec la charité, où les acquis sociaux chèrement acquis par nos ancêtres au cours de décennies de luttes restent le socle de toute saine démocratie, ceux pour lesquels les enseignements du Conseil National de la Résistance trouve toute leur traduction dans la prise en compte de l’humain au centre de l’activité économique et non comme une simple variable d’ajustement au service des intérêts d’un petit nombre, qui traduit aujourd’hui nos aspirations ?

Je veux dire par là que tous ceux qui n’aspirent pas à une révolution brutale pour améliorer leur quotidien et l’avenir de leurs enfants, qui envisagent l’avenir autrement que par une confiscation totale des moyens de productions privés par les salariés, qui envisagent une économie mixte pour subvenir aux besoins essentiels et universels sans pour autant interdire la libre activité d’entreprise dans la mesure où elle concourre socialement au bien être commun, qui s’en fait la représentation aujourd’hui ?

Entre un socialisme réformiste qui se contente de gérer la casse des acquis sociaux et se congratule dans un silence assourdissant lorsque chaque destruction sociale se fait moindre que prévue, entre une majorité de syndicats plus attachés à ne pas être accusés de jusqu’auboutisme au point de réclamer des négociations que le pouvoir en place ne souhaite pas plutôt que de consulter une base militante prête à livrer combat comme ses aînés de 68 et refusant à juste titre de renier ce qui a amélioré ses conditions de travail de haute lutte, comment des millions de personnes peuvent encore croire que l’action politique ou syndicale pour laquelle il leur sera réclamé un vote de soutien lors de prochaines élections puissent encore dignement représenter leurs intérêts.

Aucun soutien affirmé et sans ambages pour ces grévistes défendant leurs droits à la retraite stigmatisés par le pouvoir en place, aucun support pour ces étudiants pourtant si prompte à remettre la solidarité envers les salariés au centre de leur propre combat contre une loi scélérate voté en catimini en plein été libéral, tous ces mots qui manquent et qui ne permettent plus de douter sur un consentement tacite aussi peu assumé que honteux, voilà ce que le P(s) propose à ceux qui ont élus ses 203 députés pour les représenter.

Un représentant syndical qui demande de reprendre le travail au soir de la première journée de grève consécutive à des semaines de revendications mis à la poubelle gouvernementale, un autre qui négocie sans consultation de sa base quelques heures avant le début d’une grève reconductible et déposée comme telle, des promesses de négociation sans aucune assurance de prise en compte des revendications initiales et qui satisfait au-delà de ses espérances un gouvernement qui s’apprêtait à un conflit long, dur, risquant d’être unitaire et inter catégoriel et donc difficile à assumer politiquement, voilà ce que la Cfdt et la Cgt a proposé à ses adhérents.

Qui à la droite des communistes aura le courage de représenter et traduire les aspirations de tous ces déboussolés de la gauche contraints de se radicaliser pour ne pas perdre leurs convictions et abandonner leurs idéaux.

L’espoir de demain n’est pas à chercher dans les organisations politiques ou syndicales qui rognent un peu plus chaque jour sur leurs engagements passés et courent derrière « ces nécessaires réformes » qui détruisent plus qu’elles ne consolident, rapprochent et unissent.

Souhaitons que la base ait le courage de poursuivre cette désobéissance syndicale, que les étudiants puissent fédérer, en dehors de toute contrainte matérielle constrictive, un élan citoyen de gauche qui refuse de se soumettre au laisser faire libéral si pénalisant pour les plus faibles, le lien social des prochaines années en dépend.

Publié dans : politique |le 16 novembre, 2007 |22 Commentaires »

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22 Commentaires Commenter.

  1. le 16 novembre 2007 à 10:47 Michel GROS écrit:

    Tu poses la question de la trahison, qui est une question majeure car elle renvoie directement à une question qui fonde l’ensemble de nos interrogations : la question des institutions et donc de la démocratie.
    La trahison est la visibilité de l’écart représentant-représenté qui rend possible l’irresponsabilité. Je pretends être ton représentant quand je te demande l’obstention de ce statut et la démocratie permet presque correctement cela à ce stade.
    Mais une fois le statut obtenu la démocratie perd le contrôle et ce lien supposé direct ne l’est plus.
    La démocratie indirecte doit être combattue. Nous devons imaginer de « nouvelles » formes d’exercice, ou bien plutôt en avoir la volonté et la force.
    L’Histoire bruisse d’expériences qui permettent de s’engager vers des formes de démocratie directe sans le grand couteau entre les dents qui fait peur aux petits n’enfants (que nous sommes devenus grâce aux réformismes de tous poils dont la prime revient au P(s)).

  2. le 16 novembre 2007 à 10:59 enzo d'aviolo écrit:

    @Michel
    là je partage à 100% ton propos. je sais que c’est un combat commun. ;)

  3. le 16 novembre 2007 à 12:52 fmds21 écrit:

    Je pense que dans votre raisonnement vous supposez que le Vème République est démocratique, elle n’en a que l’apparence, elle est monarchique. Avec Sarko elle devient royaliste ou bonapartiste dans l’exercice d’un pouvoir absolu. C’est pourquoi nous militons pour la VIème la démocratie n’est pas à inventer elle est à appliquer. Nous le ferons ensemble bon courage. Alain

  4. le 16 novembre 2007 à 13:57 enzo d'aviolo écrit:

    la Veme est plus directe que la VIeme, c’est un fait. Malheureusement cela ne résoud pas tout, en tout cas pas les convictions de girouette de nombre de représentants de gauche, mais c’est vrai que par exemple le non cumul des mandats dans le temps et en nombre, permet d’eviter en partie ces rentiers de la politique.

  5. le 16 novembre 2007 à 14:17 Michel GROS écrit:

    @Enzo,
    La VI est plus directe que la V, tu as inversé.

  6. le 16 novembre 2007 à 15:02 enzo d'aviolo écrit:

    oups. bien vu Michel!

  7. le 16 novembre 2007 à 21:59 Michel GROS écrit:

    Bizarre ! Pas de commentaires de nos petits camarades « en lutte » encore membre du P(s).

  8. le 16 novembre 2007 à 22:34 enzo d'aviolo écrit:

    Bahhhh sont pas comme nous, ils se sentent représentés eux..;)

    lire ceci au sujet du post:
    http://www.marianne2.fr/-Qu-est-ce-qu-il-fout-le-PS-_a81051.html

  9. le 16 novembre 2007 à 23:08 Loulou écrit:

    RETOUR EN CATIMINI DE LA CONSTITUTION EUROPEENNE : RIPOSTE IMMEDIATE SUR INTERNET, REJOIGNEZ LA !

    S’organise une riposte face au déni de démocratie que représente la ratification, en plus sans débat, d’un Traité européen, faussement qualifié de « mini », à propos duquel tous les juristes s’accordent pour dire qu’il reprend dans son intégralité la Constitution massivement rejetée par référendum en 2005.

    Ainsi a été mis au point un petit argumentaire pour mobiliser l’opinion, l’informer. Il est à diffuser MASSIVEMENT.

    ====> Le diaporama à diffuser est ICI :

    http://test.antemia.eu/html/16/File/referendum.pdf

    Participez ainsi à la « CHAINE du REFERENDUM » ! A diffuser !!

  10. le 17 novembre 2007 à 10:46 Michel GROS écrit:

    « On demande un effort aux riches et si cela ne suffit pas, et bien … »
    Henri Emmanuelli.
    Vive le socialisme !

  11. le 17 novembre 2007 à 11:51 enzo d'aviolo écrit:

    :) le reste était juste même si cette phrase est malheureuse en effet! aujourd’hui même un socialiste est tenté de dire que même les plus pauvres doivent participer à la solidarité nationale, alors même qu’elle est faite pour eux en compensation de la destruction humaine engendrée par le capitalisme. c’est d’un triste.

  12. le 17 novembre 2007 à 12:24 brigetoun ou Brigitte Celerier écrit:

    soutenir le parti qui s’engagera à promouvoir des accords majoritaires et la remise à plat de la représentativité. Avec Bertrand on est mal parti
    http://enattendanth5n1.blog.20minutes.fr
    Politiquement ici la militance devient très reposante, des vélléités d’union au dessus de nos cranes, en dehors du PS et de sa désignée officielle, et les verts qui se la jouent perso pour environ 1%

  13. le 17 novembre 2007 à 13:07 enzo d'aviolo écrit:

    @brigetoun
    Eh oui, chacun pense à sa petite chapelle renforçant en cela le pouvoir en place si manipulateur qu’on le connait comme le montre lehman en effet.

  14. le 17 novembre 2007 à 13:32 Michel GROS écrit:

    Le reste, Enzo, est un galimatia d’évitement. Ces mecs au P(s) font un mal fou à la nécessité de construction d’un mouvement anti capitaliste. L’appel unitaire de Besancenot pour un soutien des leaders de Gauche au mouvement de grève : qui l’a entendu ?

    Déclaration d’Olivier Besancenot.
    Depuis les 13 et 14 novembre, les cheminots, les agents de la RATP ainsi que les gaziers et électriciens manifestent de façon massive, par la grève, leur refus de la destruction de leur régime de retraite et de l’allongement de la durée de cotisation prévu pour tous les salariés en 2008. Parallèlement, les étudiants refusent la loi Pécresse, les avocats se mobilisent contre la réforme à la hache de la carte judiciaire par Rachida Dati et le 20 novembre, les fonctionnaires seront en grève. X.Bertrand, ministre du Travail, en est réduit à exiger des organisations syndicales qu’elles appellent à la reprise du travail pour que les pseudo négociations s’ouvrent. En effet, il n’est en aucune façon prévu de revenir sur les 40 annuités, l’indexation des retraites sur les prix et la décote. C’est inacceptable. Devant cette résistance qui tient en échec Sarkozy, l’UMP prépare des contre-manifestations pour faire plier les salariés en grève. Les partis de gauche doivent prendre rapidement leurs responsabilités et des initiatives de solidarité avec les grévistes. C’est pourquoi, je propose à tous les premiers responsables des partis de gauche une réunion unitaire, dans les plus brefs délais, afin de décider ensemble toutes les initiatives de soutien aux grévistes et à leurs revendications.
    Le 16 novembre 2007.

  15. le 17 novembre 2007 à 16:08 enzo d'aviolo écrit:

    @michel
    elle est excellente la déclaration de Besancenot, mais celle d’emmanuelli ne peux se réduire au galimatia dont tu parles car lui aussi soutenait la greve et rappelait les destructions dont parle besancenot.
    Sauf que lui, bah il est P(s), donc prisonnier du social libéralisme de ce parti qui a choisi le silence comme forme de soutien! bref sont bien au chaud les emmanuelli et consorts de la gauche du P(s).
    Sinon, difficle de reprocher au P(s) de ne pas être anti-capitaliste, aucun ne l’est au P(s), ni les militants ni les responsables donc cela me semble illusoire qu’ils puissent le devenir.
    Besancenot ne peut être entendu que par la gauche du P(s), mais comme là aussi, chacun est accroché à sa petite chapelle, la Lcr la première aussi, ce genre d’appel me semble voué à l’echec.

  16. le 17 novembre 2007 à 22:49 étienne fillol écrit:

    Michel (commentaire #7) : Si si ! je suis là ! Youhouuuuuuu !

    J’étais occupé à chercher ton bonheur. Et je l’ai trouvé !
    http://www.20minutes.fr/article/195057/Politique-Lancement-d-un-nouveau-parti-ouvrier-independant-a-la-gauche-de-la-gauche.php

    Si tu te dépêches, tu auras la carte n°0003 (et dernière)

    ;-)

  17. le 17 novembre 2007 à 23:03 enzo d'aviolo écrit:

    @etienne
    ah bah t’es là, ouf, y en a encore un qui lutte au P(s) alors :)
    Félicitation.

    sinon, ce nouveau POI, c’est un PT bis en fait! rien de neuf et surtout rien à voir avec l’appel de Besancenot que personne n’a souhaité entendre.

  18. le 18 novembre 2007 à 11:25 nathP écrit:

    Ce nouveau parti souhaite la rupture avec l’UE, il fait ainsi l’économie d’une véritable analyse de la situation actuelle.
    Or, je ne vois pas comment on peut avancer si on ne tient pas compte de notre passé, de notre présent et de l’idéologie dominante.
    Ce que j’apprécie dans le travail de Thomas, c’est qu’il fait une très bonne analyse de la mondialisation et des traités qui cimentent l’économie libérale.
    J’ai toujours pensé qu’on ne peut pas échapper à cette connaissance de notre monde si nous voulons le changer, c’est nécessaire, même si, toutefois, ça ne me semble pas suffisant.

  19. le 18 novembre 2007 à 14:27 enzo d'aviolo écrit:

    @NathP
    Un ego surdimensionné qui le rend inapte à la vie en société ou en groupe, une focalisation sur un seul angle du probleme, fut-il juste, mouais des analyses justes de l’ideologie dominante, j’en ai lu des dizaines de gens avec une capacité à faire bouger les choses autrement que seul dans son coin tant le mepris de ce qui n’acquiesce pas son avis est flagrant.

    Ceci dit, c’est déjà trop donner d’importance à ce qui n’en a pas et n’est pas l’objet du post. Il me semble qu’il faille désormais dépasser les analyses de l’deologie dominante qui sont déj multiples pour maintenant la propager au quotidien afin qu’une prise de conscience de chaque citoyen prenne le relai. Et il faut bien constater aujourd’hui que c’est un grand vide à gauche lorsque l’on dépasse la simple analyse du libéralisme mondial.

  20. le 20 novembre 2007 à 15:26 nathP écrit:

    Vous n’arretez pas de vous envoyez des vannes mais en définitif, nous sommes tous dans la même galère !
    Derrière la marchandisation de l’ensemble des activités humaines et sociales, la marchandisation des biens communs de l’humanité, jusqu’au vivant, c’est tout un état d’esprit destructeur. C’est indispensable que les citoyens aient conscience de ce qui se passe.

  21. le 20 novembre 2007 à 15:59 nathP écrit:

    Je pense que la Gauche, pour se reconstruire, devrait déjà tenir compte de toutes les poches de résistance qui existent:
    Par exemple, les médias alternatifs (Acrimed, planB, le Sarkophage… et maintenant Arrêt sur image qui a décidé d’être indépendant financièrement), les AMAP, …, certaines énergies renouvelables, la voiture à air comprimé qui ne génèrent pas suffisamment de profits… le Bouthan, avec son BIB…toutes ses choses qui ne sont pas rendus visibles parce qu’elles ne coïncident pas avec l’idéologie dominante.

    Je te cite un article de Patrick Mignard:

    « La tâche actuelle n’est donc pas d’user ses forces dans des opérations médiatico-électorales, au cours desquelles les déclarations ne sont que des incantations plus ou moins gratuites (encore que ça coûte cher en énergie et en argent), mais d’œuvrer à la mise en place de pratiques sociales, de relations sociales et de les fédérer en vue d’un projet global.
    Concrètement ça veut dire quoi ? Tout simplement (si j’ose dire) qu’il est temps d’avoir des pratiques sociales nouvelles, en conformité avec les valeurs que nous proclamons et véhiculons. Des pratiques de production, de consommation, d’échange et même de luttes (Voir l’article DROIT DE GREVE ET SERVICE PUBLIC) qui prouvent deux choses : l’absurdité et la malfaisance du système marchand, mais aussi la validité concrète des valeurs et des principes que nous proclamons. Ces pratiques existent localement et même mondialement mais elles ne sont jamais prises en considération dans une stratégie politique, elles ne sont pas fédérées pour constituer une stratégie de changement, elles ne servent que d’illustrations exotiques à des discours grandiloquents sans véritable portée. »

    http://www.pag69.org/article.php3?id_article=120

  22. le 20 novembre 2007 à 18:47 enzo d'aviolo écrit:

    @NathP
    bah tu vois je prefere lire cela, ça a plus de sens! pour ma part, je n’ai pas attendu un rabacheur du web pour m’informer sur l’Europe et le commerce mondial et ses dérives.

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