Archive pour le 10 novembre, 2007

Qui a entendu s’exprimer un étudiant en grève ?

En Sarkozie, quand la communication possède quelques ratés, quand on commence à se faire insulter par les mécontents, quand même les corporatismes habituellement plutôt empathiques avec le pouvoir dans leurs critiques commencent à perdre patience devant les provocations de la beurette servant de caution aux réactionnaires de droite et quand enfin les étudiants dangereusement incontrôlables pour la droite décomplexée accusés de faire de la politique lorsqu’ils font grève (*) commencent à bloquer les universités et envisagent de soutenir les différents mouvement sociaux à venir, alors l’intelligentsia journalistique institutionnelle entre en jeu.

C’est alors que la notion de conflit d’intérêts prend tout son sens et qu’il est difficile d’avaler les informations télévisuelles, radiophoniques ou de la presse écrite sans se rappeler que la très grande majorité de ces médias prends ses ordres auprès des actionnaires majoritaires que sont les Arnaud, Pinault, Lagardère et autres Rothschild, tous amis de Sarkozy et du Medef familial.

En effet, que nous présentent avec délectation les médias aux ordres, alors que le mouvement des étudiants dans les universités prend de l’ampleur au point que la semaine à venir risque de converger vers une fermeture de la moitié des universités françaises ?

Tout simplement que le front anti-grève s’organise, qu’un large mouvement opposé à la fermeture des universités, ceux qui veulent travailler face à tous ces fainéants qui ne pensent qu’à défiler et bloquer ceux qui étudient, se met en place et mérite forcément qu’on en parle. Bien entendu ce mouvement « spontané » lui serait apolitique bien que non défavorable à loi Pécresse(**) !

On les interviewe, on les questionne pour bien comprendre leur souffrance, tout cela dans un élan de manipulation rarement atteint à la hauteur des angoisses du pouvoir de voir la situation lui échapper et qui redouble de propagande pour tuer dans l’œuf toute légitimité à pouvoir contester une loi votée en pleine vacances sans que les premiers concernés n’aient pu se prononcer sur un changement radical de vision d’avenir pour les universités qui les forment.

Cette situation déjà maintes fois constatée durant la campagne présidentielle où les favoris désignés du pouvoir de la presse et de l’argent (Royal et Sarkozy) ont eu droit à tous les égards pour que le deuxième tour ne soit pas un bis repetita de 2002, trouve désormais une traduction qui ne cherche même plus à se dissimuler puisque pour ma part, je n’ai vu, entendu ou lu, mise à part Bruno Julliard le pendant de Chérèque à la CFDT dont les consignes sont dictées par le P(s), aucun représentant des étudiants à l’origine du mouvement de grogne qui ait pu exprimer les motifs de sa désaprobation.

Des images d’un président excité ou gaffeur censurées, des forces de l’ordre confortées dans leur petit pouvoir qui ne prennent plus de pincettes pour faire ce qu’elles croient être leur devoir sans que les médias ne s’en émeuvent, des choix de reportages valorisant des mesures gouvernementales plutôt qu’une information objective sur la grogne qui monte, le tout dans un respect à la lettre de l’adage Sarkozyste du diviser pour mieux régner, décidément la dictature douce est en marche et il est vraiment tant de s’en inquiéter.

(*) alors qu’il est bien connu que lorsqu’on envisage de privatiser les universités françaises en les mettant en concurrence, on ne fait absolument pas de politique bien sûr. Voir l’excellent article de Fontenelle à ce sujet.

(**) une fois de plus, voir le dernier billet de Fontenelle sur un article du Monde.

Publié dans:politique |on 10 novembre, 2007 |23 Commentaires »

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