Un malade, ça ne se défends pas, ça subit!

7,6% des députés ont voté à une « écrasante » majorité (44 députés pour et 27 contre) le principe des franchises médicales de 50 centimes d’euros pour l’achat de chaque boite de médicament, le tout devant être capé ultérieurement par décret (*) à 50 ou 100 euros par assuré social et par an.

Au delà du fond totalement condamnable et inacceptable puisqu’il fait passer le malade pour responsable financièrement de ses propres pathologies, laissant libre cours aux profiteurs du système (**) pour arroser allègrement le corps médical en médicaments en tout genre à prescrire sans retenue, la façon dont sont défendus les assurés sociaux par leurs représentants nationaux a de quoi écoeurer de la politique.

Sur 227 députés de gauche, seuls 27 (à féliciter tant ce qui ressemble à un sacerdoce en matière de conviction est à souligner) ont défendu coûte que coûte une vision solidaire de la santé, les autres devant préférer la pêche au gros.

A droite, seuls 42 députés sur 345 élus ont eu le courage d’assumer leur libéralisme et leur volonté de culpabiliser les malades un peu plus. Encore une belle leçon de conviction politique en cette période préélectorale où les intérêts de pouvoir personnel priment forcément sur ceux de la population défavorisée.

Voilà comment à l’assemblée nationale de 2007, on désigne un vote majoritaire qui rassemble 12% des députés pour une mesure engageant pourtant le quotidien de chaque assuré social et au delà, le devenir du système de protection sociale à la française pourtant encore classé n°1 dans le monde par l’OMC.

Point de proposition pour améliorer ce déni de démocratie à l’assemblée nationale dans le rapport Balladur fraichement arrivé sur le bureau du grand mufti, alors même que l’adoption de ce texte destructeur  n’aura représenté que 2,7% des électeurs aux dernières législatives.

Décidément, entre certains députés plus attachés à leur réélection, d’autres dont les convictions de gauche ont été acheté dans une pochette surprise, des pratiques démocratiques d’un autre temps pour des sujets essentiels, et des règles de vote inadaptées à la représentation nationale, voilà qui promet de beaux jours au pouvoir en place dans la remise en cause des acquis sociaux et la stigmatisation des plus fragiles.

(*) on reconnait bien là les pratiques démocratiques de la méthode Sarko

(**) je veux bien sûr parler des industries pharmaceutiques qui dépensent 20 000 euros par an et par médecin en France pour marketer leurs produits au travers de séminaires en tout genre.

Publié dans : politique |le 1 novembre, 2007 |9 Commentaires »

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9 Commentaires Commenter.

  1. le 1 novembre 2007 à 13:08 Michel GROS écrit:

    Rappelez-vous : « Faire de la maladie une arme » de SPK, et la lettre de soutien de JP Sartre.
    L’époque avait des c…. !
    ;-) )

  2. le 1 novembre 2007 à 17:56 brigetoun écrit:

    en réalité, plus que manque ou non de courage, puisqu’en fait le nombre de députés en séance dépend surtout des chefs de groupe, non ? le remède pour ce genre de situation passe par une stricte limitation des mandats.
    reste le sujet du vote et, pour une fois, cela devient rare, on n’a pas entendu une voix de « gauche » dire : bon nous ne voulons pas être négatif, mais la méthode n’est pas la bonne, ni même « non mais »

  3. le 1 novembre 2007 à 18:55 michel écrit:

    C’est triste en effet,il n’y a vraiment pas une voix qui s’est élévée à ma connaissance contre tout ceci. Mais combien y a t-il de médecins députés?

  4. le 1 novembre 2007 à 18:57 michel écrit:

    Enzo, tu as une bannière qui nous demande de soutenir le gouvernement et de signer la pétrition pour la réforme des régimes spéciaux de retraites, lorsqu’on veut ajouter un commentaire à tes textes ; GOOGLE nous a répéré !!!!

  5. le 1 novembre 2007 à 19:07 enzo d'aviolo écrit:

    @brigetoun
    bienvenue ici pour ton premier commentaire.
    Je ne sais si c’est le chef de groupe qui décide du nombre de députés, je pensais juste qu’il s’agissait des convictions profondes et l’envie d’amender pour réduire la portée d’un texte scandaleux, un de plus.
    C’est vrai que pour une fois cette loi a fait l’unaimité à gauche contre elle, raison de plus pour regretter le peu d’implication des députés de gauche, le cumul des mandats n’expliquant certainement pas tout.

    @Michel
    bienvenu aussi.
    Crois-tu qu’il faille nécessairement être médecin pour mesurer la portée négative d’un tel texte purement représentatif de l’idéologie libérale?

    Désolé pour cette saloperie de bannière contre laquelle je ne peux pas grand chose, Sarko est partout en matière de com!
    J’ai juste le sentiment que sur ce blog, la dépense ne sert à rien ;)

  6. le 1 novembre 2007 à 21:34 Olivier B. écrit:

    J’ai poussé moi aussi un coup de gueule là-dessus : lamentable.
    Et ta note du dessous aussi, sur le Traité de Lisbonne, complètement d’accord.
    Longue vie à ton blog que je découvre.

  7. le 1 novembre 2007 à 21:42 enzo d'aviolo écrit:

    Merci Olivier. on a malheureusement pas fini d’être écoeuré des mêmes choses.

  8. le 2 novembre 2007 à 22:17 christine RS21 écrit:

    Oui Michel a raison, faudrait trouver un blog sans pub Enzo !
    Dépitée, car malheureusement peu de surprises sur ce vote de l’Assemblée sur les franchises médicales ! Demain en ligne sur RS21 « Fracture médicale : une médecine à combien de vitesses ? » avec lien sur radical Enzo’s !!!

  9. le 3 novembre 2007 à 10:01 enzo d'aviolo écrit:

    :) :)

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