Ceux que l’on enjambe dans la rue……

“Je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici 2 ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir.”

Voilà la jolie promesse populiste proférée par Sarkozy lors de sa campagne électorale pour l’élection présidentielle de mai 2007.

Tout le monde s’en souvient, effectuée au moment de l’action citoyenne des enfants de Don Quichotte de décembre 2006, cette promesse cynique correspondait en parallèle aux promesses de Boutin et de De Villepin pour un chantier national prioritaire ayant débouché sur la très populaire et médiatique mesure du droit au logement opposable ainsi qu’une batterie de 100 mesures censées améliorer le sort de tous ceux qui vivent dehors.

Trois ans plus tard, non seulement Sarkozy n’a rien éradiqué du tout, non seulement il a apposé son style répressif en expulsant les tentes posées par les enfants de don quichotte sur les quais de seine face à Notre-Dame avec perte et fracas au cours du mois de mai 2009, mais en outre sur les 100 mesures prioritaires promises par le gouvernement De Villepin, seules 29 mesures sont en cours d’engagement et uniquement 2 sont appliquées, et donc, 3 ans après, 69 mesures promises en faveur du logement de tous, ne sont toujours pas mises en œuvre.

Bien sûr, comment encore s’offusquer d’un tel abandon volontariste quand on constate les priorités affichées par Sarkozy dans sa politique, plus focalisée à expulser du sans papier qu’à loger les sans-abris, mais tout de même :

-         le ministère du logement est passé entre temps au rang de Secrétariat  d’Etat, c’est dire la priorité.

-         la diminution annuelle pour 2010 du financement de l’Etat est prévue sans plan pluriannuel apportant une visibilité réelle pour l’avenir.

-         le droit opposable au logement est peu appliqué puisque seules 12 000 procédures ont trouvé un logement sur les 100 000 dossiers déposés dont 29 000 ménages dits prioritaires.

Ce n’est pas l’empilement des 20 nouvelles mesures proclamées par le secrétaire d’Etat au logement Benoit Apparu, dont certaines très contestables voire futiles, et sans aucune volonté interministérielle affichée pour un plan national dit prioritaire, qui changera la donne. On est une fois de plus dans la communication et non dans l’action sincère.

Le SDF fait désormais parti des pertes habituelles de nos sociétés libérales et ça n’est pas prêt de changer malgré les promesses vulgaires non tenues et les mesurettes appropriées pour se donner bonne conscience, mais ridicules pour résoudre cette honte pour nos sociétés dites développées.

Quand je pense qu’il suffirait de récupérer une infime partie des exonérations fiscales accordées aux plus riches de ce pays pour rendre leur dignité à tous ces citoyens, je ne peux croire un instant à l’inéluctable, à la conjoncture, mais bien à une volonté de gestion du pouvoir de classe, un affrontement affirmé tel qu’il existait au 19ème siècle. Inacceptable.



Une fois n’est pas coutume, dignes de leur mandat ?

Les socialistes sont la principale opposition (ou supposée comme telle) de l’assemblée nationale, et de loin. Je ne suis pas le dernier pour critiquer leur inaction, leurs querelles de pouvoir autocentrées sur leurs ambitions, et leur manque de capacité à changer la vie des citoyens qui souffrent à travers le suivisme libéral qu’ils affichent régulièrement, et je ne parle même pas de tous ceux qui ont rejoint le Sarkozysme pour quelques marocains ministériels ou de chargés de mission.

Pourtant en matière sociétale, moi qui depuis longtemps appelle de mes vœux un changement dans les mentalités pour ce qui concerne le respect de la dignité humaine face à la mort, je ne peux que me réjouir de la proposition de loi déposée par 120 députés socialistes pour le droit de finir sa vie dans la dignité, en clair la légalisation envisagée par ce texte de l’euthanasie.

Soyons lucide, cette proposition n’a aucune chance de passer.

Non pas que l’opinion publique ne soit pas favorable à cette libéralisation puisqu’un récent sondage de mai dernier attribuait 86% d’avis favorable au droit à l’euthanasie pour maladie incurable ou en phase terminale de maladie. Mais il faut bien admettre, qu’en période de difficulté financière généralisée, l’attention se porte moins sur ce type de combat que sur le matérialisme quotidien. En cela, la faible pression populaire ne pourra appuyer cette proposition de loi et ne comptons pas sur les médias pour relayer ce dont le pouvoir en place ne veut pas.

Pourtant ce combat concerne le quotidien de tant de Français qui un jour ou l’autre seront confrontés via leur proche ou pour eux-mêmes à une situation extrême de fin de vie ! Malheureusement, la liberté de façade prônée par le libéralisme s’arrête là où commence la moralité bien pensante des croyances religieuses dont les représentants rappellent régulièrement leur opposition aux souhaits de la population.

C’est pourtant bien grâce à ce harcèlement parlementaire que la voix des citoyens trouvera à terme un écho favorable chez le législateur qui aujourd’hui préfère hypocritement laisser mourir dans une dignité de bonne conscience plutôt que de laisser un choix en conscience à chaque être humain sur sa fin de vie.

Le droit à la liberté individuelle dans son choix de fin de vie devrait pourtant sembler élémentaire pour qui se réclame de la liberté des individus, mais le libéralisme n’en est plus à une contradiction près.